RDC : Walikale sous le feu, la région des Grands Lacs convoquée en urgence
- 5 janv.
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« Les coups de feu ont commencé avant le lever du jour, et tout le monde a fui. » Ce témoignage d’un habitant résume la tension extrême qui règne depuis ce lundi 5 janvier 2026 dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, où de violents combats opposent les rebelles de l’AFC/M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Une nouvelle flambée de violence à l’ouest du Nord-Kivu
Selon plusieurs sources locales, l’armée congolaise a lancé à l’aube une offensive ciblée dans le groupement de Luberiki, une zone stratégique disputée depuis plusieurs mois. L’objectif serait de reprendre le contrôle de positions occupées par l’AFC/M23, notamment le long des axes reliant Walikale à d’autres localités clés de la province.
À Kashebere, localité voisine, les habitants décrivent des échanges intenses d’armes lourdes et légères. Les détonations ont semé la panique, poussant de nombreuses familles à abandonner leurs habitations dans la précipitation. À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais la crainte d’un lourd tribut humain grandit au fil des heures.
Routes coupées, civils piégés
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Le trafic est interrompu sur l’axe Kashebere–Mungazi, paralysant les échanges commerciaux et l’approvisionnement en produits de première nécessité. Dans une région déjà marquée par l’insécurité chronique, cette coupure accentue la vulnérabilité des populations.
Les organisations humanitaires redoutent un nouvel afflux de déplacés internes vers des sites déjà saturés dans le Nord-Kivu. L’accès aux zones de combat devient de plus en plus difficile, compliquant toute assistance aux civils pris au piège des affrontements.
Une crise qui dépasse les frontières congolaises
Cette recrudescence des violences intervient alors que les tensions régionales restent vives. Face à la détérioration de la situation sécuritaire, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a sollicité la convocation d’une réunion ministérielle d’urgence.
D’après des informations communiquées par le ministère zambien de la Défense, cette rencontre se tiendra du 8 au 10 janvier 2026 à Livingstone, en Zambie. Elle réunira les ministres de la Défense et les chefs d’état-major des douze pays membres de l’organisation, dont la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, sous la présidence du ministre zambien Ambrose Lwiji Lufuma.
Entre diplomatie et urgence humanitaire
L’objectif affiché de cette réunion est de renforcer la coopération sécuritaire régionale et d’explorer des réponses communes face à l’instabilité persistante dans l’est congolais. Si la Zambie affirme sa volonté de jouer un rôle actif dans la recherche de la paix, sur le terrain, l’incertitude demeure.
À Walikale comme ailleurs dans le Nord-Kivu, les civils continuent de payer le prix fort d’un conflit sans issue claire, tandis que les regards se tournent désormais vers Livingstone, où la diplomatie régionale est attendue au pied du mur.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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