Rapprochement diplomatique : Choguel Maïga plaide pour un retour au dialogue entre Bamako et Alger
- 22 janv.
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« Quand la parole s’envenime, ce sont toujours les peuples qui en paient le prix. » C’est autour de cette conviction que s’articule la lettre ouverte adressée par l’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, au président algérien Abdelmadjid Tebboune, dans un contexte de tensions persistantes entre le Mali et l’Algérie.
Depuis près de deux ans, les relations entre Bamako et Alger se sont progressivement détériorées, malgré des intérêts sécuritaires convergents et un partenariat stratégique partagé avec la Russie. Cette crispation diplomatique, marquée par des échanges parfois virulents sur la scène internationale, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique et des cercles politiques de la sous-région.
C’est depuis son lieu de détention à Koulikoro que Choguel Maïga a choisi de s’exprimer. Sa lettre, rendue publique le 14 janvier à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée (JNSR), se veut un appel à la désescalade. L’ancien chef du gouvernement y fait part de son inquiétude face à la montée des tensions verbales et exhorte les deux capitales à faire preuve de retenue. Il insiste sur la nécessité de préserver une relation qu’il qualifie de fraternelle, enracinée dans l’histoire, la géographie et les liens humains entre les deux peuples.
Dans son message, Choguel Maïga revient notamment sur les échanges tendus survenus lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025. À ses yeux, ces confrontations publiques ont porté atteinte à une coopération historiquement sensible, surtout dans un contexte régional marqué par l’insécurité et les recompositions géopolitiques. Se présentant comme un citoyen préoccupé par l’unité nationale et la souveraineté du Mali, il appelle à un dialogue fondé sur le respect mutuel et une lecture « lucide » du passé commun.
L’ancien Premier ministre défend également l’idée d’une « patience stratégique », estimant que les désaccords actuels peuvent être surmontés si les dirigeants des deux pays privilégient la responsabilité politique à court terme et la stabilité régionale à long terme.
Mais cette prise de position ne fait pas l’unanimité. Plusieurs analystes rappellent que Choguel Maïga a été, lorsqu’il était à la tête du gouvernement, l’un des acteurs clés des tensions avec Alger. Ses critiques répétées de l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015, issu du processus d’Alger, ont contribué à fragiliser un texte déjà contesté. Bien qu’il ait initialement promis une application « intelligente » de l’accord, ses prises de position ultérieures ont accompagné le gel, puis l’abandon officiel du document par les autorités maliennes.
Lors d’une session du Comité de suivi de l’accord (CSA), il déclarait pourtant vouloir honorer les engagements internationaux du Mali, à condition qu’ils ne portent pas atteinte aux intérêts fondamentaux du pays. Une déclaration aujourd’hui remise en perspective par ses appels actuels à l’apaisement.
Cette sortie publique apparaît donc à la fois comme un geste politique et comme une tentative de repositionnement dans un débat diplomatique toujours sensible. Reste à savoir si cet appel sera entendu de part et d’autre de la frontière, alors que les relations entre Bamako et Alger demeurent un enjeu majeur pour l’équilibre sécuritaire et politique du Sahel.
Source : Afrik.com
Oura KANTE
Malikunafoni




































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