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Présidentielle au Cameroun : Maurice Kamto saisit le Conseil constitutionnel pour contester la convocation du scrutin

  • 17 juil. 2025
  • 3 min de lecture

 

« Comment peut-on convoquer les électeurs sans connaître avec certitude qui ils sont ? » s’interroge le collectif juridique du MRC. Le parti de l’opposition monte au créneau contre l’organisation de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025.

 

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a engagé un bras de fer juridique d’envergure. Trois jours après la publication du décret présidentiel convoquant le corps électoral, Maurice Kamto, candidat à la magistrature suprême, a introduit un recours constitutionnel contre la validité même de cette convocation. L’action, déposée le 14 juillet 2025 par le collectif d’avocats dirigé par Me Sylvain Souop, remet frontalement en cause la régularité du processus électoral en cours.

 

Des doutes sur la base électorale

 

Au cœur du litige, une question essentielle : quel est le corps électoral effectivement convoqué ? L’opposition dénonce l’absence de transparence sur l’état réel des listes électorales. D’après les requérants, aucune version à jour de ces listes n’a été rendue publique, alors même que la loi impose leur accessibilité. Une situation jugée incohérente et juridiquement intenable, d’autant plus que le directeur général d’Elections Cameroon (ELECAM) a reconnu récemment que le fichier électoral n’avait pas encore été « toiletté ».

 

Pour le MRC, cette reconnaissance officielle affaiblit considérablement la légitimité de la convocation présidentielle. Le parti exige donc un encadrement strict et une clarification urgente de la part du Conseil constitutionnel avant toute poursuite du processus.

 

Une démarche en deux volets

 

Le combat du MRC ne se limite pas au terrain national. En parallèle au recours introduit à Yaoundé, une procédure a été engagée en Allemagne par des électeurs camerounais de la diaspora. À l’initiative du professeur Alain Fogué Tedom, ce recours vise le partenaire technologique d’ELECAM, la société Veridos Giesecke+Devrient, soupçonnée de possibles manquements liés à la gestion des données électorales. Objectif : prévenir toute collusion ou défaillance technique dans l’établissement des listes.

 

Les requérants réclament notamment la mise en ligne immédiate de la liste électorale, afin de garantir un minimum de transparence. L’avocat Me Hippolyte Meli, porte-parole du collectif, a souligné l’importance de l’opinion publique dans le suivi de ce dossier sensible, alors que les tensions politiques s’intensifient à l’approche de l’échéance électorale.

 

Une élection sous haute surveillance

 

L’initiative du MRC intervient dans un climat politique marqué par les controverses. L’annonce récente d’une nouvelle candidature du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a ravivé les débats sur la démocratie au Cameroun. Dans ce contexte, la contestation de la convocation électorale prend une dimension hautement symbolique.

 

Les plaignants insistent : il ne s’agit pas d’un simple débat procédural. En l’absence de garanties fermes sur la régularité du fichier électoral, la crédibilité du scrutin lui-même est en jeu. Ils appellent le Conseil constitutionnel à se prononcer rapidement et fermement, afin d’éviter que le vote du 12 octobre ne se transforme en nouvelle crise post-électorale.

 

L’attente d’un signal fort

 

Les prochains jours seront décisifs. La réponse des institutions camerounaises, tout comme celle du partenaire technique allemand, est attendue avec vigilance. À quelques mois d’un scrutin présidentiel crucial, le Cameroun est une nouvelle fois confronté au défi du respect des principes démocratiques. Pour l’opposition, seule une action décisive pourra garantir aux électeurs un processus électoral sincère, transparent et conforme à la Constitution.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

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