Prix à la pompe au Mali : une hausse silencieuse, l’ombre de la guerre au Proche-Orient plane sur les stations-service
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À partir de ce samedi 28 mars, minuit, les automobilistes et transporteurs maliens devront s’acquitter de 940 F CFA pour un litre de gasoil et de 875 F CFA pour le supercarburant. Des chiffres qui ne sont pas anodins. Dans les coulisses de cette décision, annoncée vendredi par la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers, se cache une réalité géopolitique lointaine mais aux conséquences très locales : l’embrasement du Proche-Orient.
« Un baril de pétrole qui flambe à des milliers de kilomètres, c’est une pompe qui s’affole à Bamako », confie un expert du secteur. Si le communiqué officiel publié par l’OMAP (Office malien des produits pétroliers) se contente de lister les nouveaux tarifs, il faut comprendre que ces chiffres sont le dernier maillon d’une chaîne internationale sous tension.
Depuis plusieurs semaines, les tensions militaires dans le golfe Persique et les routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient perturbent les chaînes d’approvisionnement énergétique. Pour un pays comme le Mali, entièrement dépendant des importations de produits raffinés, la moindre fluctuation sur les marchés mondiaux se répercute mécaniquement sur les prix à la consommation. Le secrétariat permanent de la commission l’a rappelé en préambule de son communiqué : les nouveaux tarifs plafonds sont établis “sur la base des prix fournisseurs du mois de mars 2026”. Autrement dit, le coût d’achat du carburant par les importateurs maliens a déjà intégré la prime de risque liée à l’instabilité au Proche-Orient.
Sur le tableau de bord des nouvelles grilles, le constat est sans appel. Si le gasoil et le supercarburant grimpent, le gaz butane n’est pas en reste. Son prix non subventionné a été fixé à 1 179 F CFA le kilogramme, entraînant une hausse significative du coût des bouteilles. La bouteille de 6 kg, véritable outil de travail pour les ménages et les petites cuisines, passe désormais à 7 075 F CFA. Seuls le kérosène et le Jet A1 restent à prix libre, probablement en raison de mécanismes de régulation différents ou de contrats spécifiques dans le secteur aérien.
Cette situation met en lumière la fragilité des économies sahéliennes face aux chocs exogènes. Contrairement aux pays producteurs de la zone, le Mali subit de plein fouet une guerre dont il n’est pas l’acteur, mais dont il paie la facture à chaque passage à la pompe. Les transporteurs routiers, qui utilisent massivement le gasoil, seront probablement les premiers à tirer la sonnette d’alarme, redoutant un effet domino sur le prix des denrées alimentaires transportées depuis les ports.
En signant ce communiqué, le Président Directeur Général de l’OMAP, Diakaridia DEMBELE, ne fait que constater un état de fait dicté par les cours mondiaux. Reste à savoir si le gouvernement malien envisagera, à l’avenir, de recourir à des mécanismes de subvention ciblée pour amortir ces chocs à répétition, ou si les consommateurs devront s’habituer à voir le conflit du Proche-Orient s’inviter durablement dans leur budget quotidien.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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