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OMVS : à Nouakchott, l’heure des choix pour la gouvernance et l’avenir du fleuve Sénégal

 

« L’OMVS ne gère plus seulement un fleuve, elle prépare l’avenir ». Cette phrase, prononcée à l’ouverture de la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), résume l’esprit des travaux engagés vendredi 30 janvier 2026 à Nouakchott, en Mauritanie.

 

Réunis dans la capitale mauritanienne, les ministres des pays membres – la Mauritanie, le Mali, le Sénégal et la Guinée – se retrouvent à un moment décisif pour cette organisation sous-régionale, confrontée à des défis croissants liés au climat, à l’énergie, à la navigation et à la gouvernance de ses structures.

 

Une organisation sous pression des mutations climatiques et économiques

 

La session s’ouvre dans un contexte marqué par une forte variabilité hydrologique du bassin du fleuve Sénégal, conséquence directe des changements climatiques. Cette instabilité pèse sur la gestion des barrages, la production énergétique, la sécurité de l’eau et les activités agricoles, piliers essentiels pour des millions de riverains.

 

À ces contraintes naturelles s’ajoutent des enjeux structurels : modernisation des infrastructures, anticipation des besoins futurs en énergie, amélioration de la navigation fluviale et renforcement des mécanismes de gestion des sociétés d’exploitation de l’OMVS.

 

Face à ces défis, le Haut Commissaire de l’Organisation, Mohamed Abdel Vetah, a dressé le portrait d’une institution éprouvée mais résiliente, capable de maintenir ses missions essentielles malgré un environnement international instable, marqué par des crises géopolitiques, économiques et climatiques.

 

Des acquis consolidés et une vision tournée vers l’avenir

 

Au fil des années, l’OMVS a renforcé sa crédibilité financière et mis en place des outils structurants, notamment en matière de résilience climatique. Des dispositifs de veille et de gestion de crise, un référentiel scientifique sur la qualité des eaux, ainsi que des systèmes technologiques d’anticipation et d’évaluation des ressources ont vu le jour.

 

L’Organisation mise également sur des projets intégrateurs, associant davantage les populations riveraines, la jeunesse, les femmes, les chercheurs et le secteur privé, dans une dynamique de développement partagé à l’échelle du bassin.

 

Cette évolution traduit un changement de posture : l’OMVS ne se limite plus à la gestion hydraulique, mais s’affirme comme un acteur stratégique de planification et d’innovation au service de l’intégration régionale.

 

Clarifier la gouvernance pour accélérer les projets

 

Président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Mao Diané, a placé la gouvernance au cœur des débats. Selon lui, l’accélération des projets structurants passe nécessairement par une clarification des responsabilités entre les organes de tutelle et les directions exécutives des sociétés de gestion.

 

Il a insisté sur l’importance de renforcer les normes modernes de gestion, d’aligner les pratiques sur les standards internationaux et d’améliorer la performance opérationnelle des installations existantes. Une attention particulière a également été portée au projet stratégique de navigation sur le fleuve Sénégal, pour lequel une actualisation de la feuille de route est jugée indispensable.

 

Dans cette logique, le ministre a plaidé pour une accélération des audits des sociétés de gestion, considérés comme un levier clé pour garantir la durabilité économique des infrastructures et la qualité des services rendus aux États et aux populations bénéficiaires.

 

Un tournant décisif pour l’OMVS

 

À Nouakchott, cette 78ᵉ session apparaît ainsi comme un moment charnière. Au-delà des constats, les ministres sont attendus sur des décisions capables de consolider la gouvernance, d’accélérer les investissements et de préparer l’Organisation aux défis futurs.

 

L’enjeu est clair : faire du fleuve Sénégal non seulement une ressource partagée, mais un véritable vecteur de développement, de stabilité et d’intégration durable pour l’ensemble de la sous-région.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

 

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