OMC : à Yaoundé, les États membres admettent la nécessité d’une profonde réforme
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« Les débats ont été houleux mais constructifs, et toutes les préoccupations majeures ont pu être abordées. » C’est en ces termes que le ministre malien de l’Industrie et du Commerce a résumé la session de clôture de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, tenue dimanche 29 mars à Yaoundé.
Après plusieurs jours de discussions intenses, les délégations ont mis un terme aux travaux en validant les rapports issus des différentes commissions et en traçant les grandes lignes de l’évolution future de l’institution. Les échanges ont surtout mis en évidence une conviction largement partagée : le système commercial multilatéral doit être préservé, mais il doit également évoluer pour rester pertinent dans un contexte économique mondial marqué par des tensions commerciales croissantes.
Pour les ministres présents, la réforme de l’organisation apparaît désormais inévitable. Trois principes ont été mis en avant pour orienter ce processus : la poursuite du consensus comme mécanisme de décision, la prise en compte des besoins spécifiques des pays en développement et le respect de l’égalité souveraine entre les membres, selon la règle « un pays, une voix ».
Ces orientations devraient servir de base à un programme de travail qui doit démarrer dès avril 2026. Plusieurs rendez-vous techniques sont déjà envisagés, avec des étapes d’évaluation prévues jusqu’en 2027 afin de faire avancer les discussions sur l’avenir du système commercial mondial.
Au-delà des questions institutionnelles, plusieurs dossiers sensibles ont animé les débats. Les négociations autour de la facilitation des investissements ont notamment révélé des divergences persistantes entre certains États membres, qui ne se sont pas encore ralliés au cadre proposé.
Le sujet du coton, défendu avec insistance par le Mali au nom des pays producteurs regroupés au sein du C4+, a également occupé une place importante. Les discussions ont porté sur la question sensible des subventions accordées par certains grands producteurs. Malgré la reconduction des mandats de négociation, les positions restent éloignées et aucun accord n’a pu être trouvé à ce stade.
Dans un registre plus encourageant, des avancées ont été enregistrées concernant le Cadre intégré renforcé (CIR), un mécanisme destiné à soutenir les pays les moins avancés dans leur intégration au commerce mondial. De nouvelles ressources ont été mobilisées pour les cinq prochaines années, ce qui devrait permettre au Mali de relancer prochainement les activités liées à ce programme.
À l’issue de cette conférence, les participants s’accordent ainsi sur un constat : l’Organisation mondiale du commerce reste un pilier du commerce international, mais sa transformation apparaît désormais comme une étape incontournable. Les discussions engagées à Yaoundé devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec l’objectif de définir les contours d’un système commercial plus adapté aux réalités actuelles.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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