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Mexique : la mort d’un chef de cartel ravive les braises de la violence

  • il y a 15 heures
  • 2 min de lecture

 

« Plus de 450 000 morts en moins de vingt ans. » Ce chiffre officiel résume à lui seul l’ampleur du drame mexicain, ravivé une nouvelle fois après la mort d’un des chefs les plus redoutés du narcotrafic, tué lors d’une opération de l’armée.

 

Selon des informations rapportées par l’AFP, la disparition du dirigeant du Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) a provoqué une série de troubles dans plusieurs zones du pays, illustrant la capacité de nuisance intacte des organisations criminelles, même privées de leur chef.

 

Un cartel devenu puissance transnationale

 

Fondé en 2009, le CJNG s’est imposé en quelques années comme l’un des groupes criminels les plus puissants et les plus violents du Mexique. En 2025, les États-Unis l’ont classé comme organisation terroriste, l’accusant d’être au cœur d’un vaste réseau international de trafic de drogues, allant de la cocaïne au fentanyl.

 

Mais son influence ne se limite pas aux stupéfiants. D’après le département d’État américain, le cartel a diversifié ses activités : extorsion, trafic de migrants, pillage de ressources naturelles, détournement de pétrole et commerce illégal d’armes.

 

Une stratégie de confrontation assumée

 

Contrairement à d’autres organisations criminelles plus discrètes, le CJNG a souvent choisi l’affrontement direct avec l’État. L’écrivain et spécialiste du narcotrafic José Reveles, interrogé par l’AFP, décrit son chef comme un homme au tempérament brutal, peu enclin à la prudence.

 

Cette logique de confrontation avait culminé en juin 2020, lorsqu’une attaque spectaculaire avait visé Omar García Harfuch, alors chef de la police de Mexico. L’attentat avait fait trois morts et marqué un tournant dans la perception du cartel par les autorités.

 

Conquérir le monde hors des frontières américaines

 

Longtemps marginalisé sur les routes traditionnelles menant aux États-Unis, le CJNG avait opéré un virage stratégique. Europe, Asie, Afrique ou Australie : autant de marchés jugés moins disputés mais plus lucratifs, selon les analyses de José Reveles.

 

Cette expansion internationale s’est faite dans la plus grande discrétion. Peu d’images, peu d’apparitions publiques, une identité soigneusement protégée : le chef du cartel cultivait l’ombre, laissant parler la violence plutôt que les mots.

 

Une disparition qui pose plus de questions que de réponses

 

Si la mort de ce chef marque un coup symbolique pour l’État mexicain, elle ne signifie pas la fin de la menace. L’histoire du narcotrafic montre que les cartels survivent souvent à leurs leaders, parfois au prix d’une escalade de violence liée aux luttes de succession.

 

Depuis 2006, le Mexique paie un lourd tribut à cette guerre interne, avec plus de 100 000 disparus en plus des centaines de milliers de morts recensés officiellement. La question reste entière : la chute d’un homme suffira-t-elle à ébranler un système solidement enraciné ?

 

La Rédaction

Malikunafoni

 AFP

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