Mali – Union européenne : vers un dialogue repensé au Sahel
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« Nous pouvons ne pas être d’accord sur tout, mais nous pouvons toujours avancer dans une bonne entente. » Cette phrase, prononcée à la Primature, résume l’esprit de l’audience accordée ce mardi 17 février 2026 par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, au Représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, João Gomes Cravinho.
La rencontre s’inscrit dans un contexte de redéfinition des relations entre le Mali et ses partenaires internationaux, alors que l’Union européenne affiche sa volonté de revoir son engagement dans la région sahélienne. Accompagné de la Cheffe de la délégation de l’UE au Mali, le diplomate européen est venu présenter les grandes lignes d’une « nouvelle approche » portée par les 27 États membres.
Selon João Gomes Cravinho, cette orientation repose sur deux piliers majeurs : le refus d’un désengagement du Sahel et la relance d’un dialogue plus structuré avec les États de la région. L’Union européenne entend ainsi travailler avec les autorités maliennes sur des enjeux jugés prioritaires, notamment la sécurité humaine, la lutte contre le terrorisme et le renforcement de la résilience socio-économique des populations.
Le Représentant spécial a également assuré que l’action européenne tiendrait compte des principes directeurs définis par les plus hautes autorités maliennes. Dans cette dynamique, l’UE ambitionne d’accompagner le Mali à travers des outils alignés sur la Vision nationale de long terme « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma ».
En réaction, le Premier ministre s’est félicité de cette démarche et a replacé les relations euro-africaines dans une perspective géopolitique assumée. Pour lui, la proximité géographique entre l’Afrique et l’Europe impose une coopération fondée sur la compréhension mutuelle, malgré les divergences possibles. Il a rappelé que le Mali, historiquement, n’a jamais été enfermé dans une logique idéologique exclusive.
Le Chef du Gouvernement a toutefois réaffirmé une ligne claire : le pays reste ouvert à tout partenariat respectueux de sa souveraineté, de ses choix stratégiques et des intérêts fondamentaux du peuple malien. Dans cet esprit, il a invité João Gomes Cravinho à jouer un rôle de relais auprès de certains pays européens afin de mieux faire comprendre la portée symbolique et humaine du combat mené par le Mali.
Au-delà de l’audience protocolaire, cette rencontre pourrait marquer une étape décisive dans la redéfinition des rapports entre Bamako et Bruxelles, à l’heure où le Sahel demeure au cœur des enjeux sécuritaires, politiques et humains du continent.
Oura KANTE
Malikunafoni
CCRP / Primature










































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