google.com, pub-1938003301785998, DIRECT, f08c47fec0942fa0 Mali : Le gouvernement interdit totalement l’usage du narguilé sur tout le territoire
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Mali : Le gouvernement interdit totalement l’usage du narguilé sur tout le territoire

  • il y a 13 heures
  • 3 min de lecture

 

Le tabagisme en groupe dans les lieux publics va bientôt connaître un coup d’arrêt. Les autorités maliennes viennent de signer un arrêté interministériel qui interdit, à compter du 7 juillet 2026, l’importation, la vente, la détention et même l’usage de la chicha, plus connue sous le nom de narguilé, ainsi que tous les dispositifs similaires. Les contrevenants s’exposent à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans et des amendes pouvant atteindre 15 millions de francs CFA.

 

L’information est officielle : signé par six ministères, dont ceux de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l’Économie, du Commerce, et de la Jeunesse, ce texte marque une escalade dans la lutte contre le tabagisme au Mali. Il remplace un précédent arrêté de 2022 qui interdisait déjà l’importation, la distribution, la vente et l’usage du narguilé, mais dont les dispositions étaient jugées insuffisantes face à la prolifération de cette pratique, particulièrement prisée par les jeunes dans les bars et lieux de convivialité.

 

Ce que dit la loi

Le nouvel arrêté ne laisse aucune zone d’ombre. Il interdit sur l’ensemble du territoire national, aussi bien l’importation, la production, la distribution, la vente et la commercialisation que la simple détention, la publicité, l’apologie et la consommation de la chicha, du tabamel (ce mélange de tabac, de mélasse et d’arômes), des arômes destinés à son utilisation, ainsi que de tout autre « dispositif ou appareil similaire ».

 

Le texte va plus loin en définissant précisément chaque élément : la chicha est considérée comme tout appareil permettant de consommer, par inhalation, de la fumée ou de la vapeur produite par combustion ou chauffage d’un produit, contenant ou non du tabac. Sont également concernés les accessoires comme les tuyaux, les embouts, les bases, les réservoirs et les charbons spécialement conçus pour cet usage.

 

Des sanctions lourdes et graduées

Les peines sont dissuasives. Le législateur a établi une échelle de sanctions en fonction du rôle du contrevenant :

Les producteurs, fabricants ou importateurs s’exposent à un emprisonnement d’un à trois ans et une amende de 5 à 15 millions de francs CFA.

Les distributeurs et commerçants risquent un à trois ans de prison et une amende d’un à trois millions.

 Les simples détenteurs peuvent être condamnés à trois à douze mois de prison et 600 000 à 2 millions de francs CFA d’amende.

Les consommateurs ne sont pas en reste : ils encourent trois à douze mois de prison et 500 000 à 1,5 million de francs CFA.

Ceux qui font de la publicité ou l’apologie de la chicha s’exposent à trois à douze mois de prison et 600 000 à 2 millions d’amende.

 

En cas de récidive, toutes les peines sont doublées.

Les établissements (bars, restaurants, espaces de loisirs) qui serviraient de lieu de consommation ou de dépôt s’exposent également à une fermeture administrative de six à douze mois, voire définitive en cas de récidive.

 

Une application confiée aux forces de l’ordre

Le texte confie l’exécution de l’arrêté au directeur de l’Office central des Stupéfiants, au directeur général de la Police nationale, à celui de la Gendarmerie nationale et au directeur général des Douanes. Ces services sont habilités à procéder à des saisies immédiates des produits et appareils interdits. La destruction des articles saisis sera effectuée aux frais du contrevenant.

 

Ce durcissement s’inscrit dans une logique de santé publique. Les autorités maliennes entendent lutter contre les méfaits du tabagisme, dont les effets nocifs sur la santé sont largement documentés : maladies respiratoires, cardiovasculaires, cancers, sans oublier les risques liés au partage des embouts dans les établissements publics.

 

Un contexte national et international

Le Mali n’est pas isolé dans cette démarche. Plusieurs pays africains ont déjà pris des mesures similaires, et l’Organisation mondiale de la santé encourage les États à renforcer leur législation antitabac. L’arrêté interministériel n°2026-1536 du 7 juillet 2026 abroge ainsi le texte de 2022, jugé moins contraignant.

 

L’interdiction totale de la chicha marque donc une nouvelle étape dans la politique de santé publique malienne. Reste à voir comment cette mesure sera accueillie par les commerçants et les jeunes consommateurs qui ont fait du narguilé un phénomène de société. La fermeté des sanctions laisse peu de place au doute : les autorités entendent faire respecter la loi, et les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’impact de cette interdiction sur les habitudes de consommation au Mali.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

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