Macky Sall à l’ONU : entre ambitions africaines et héritage national sous tension
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« L’Afrique mérite sa place à la table des grandes décisions mondiales », déclarait récemment un diplomate africain. Cette conviction résume le pari audacieux de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, qui a officiellement déposé sa candidature pour succéder à António Guterres à la tête des Nations Unies. L’initiative, annoncée le 2 mars 2026 par la porte-parole de l’Assemblée générale de l’ONU, est portée par le Burundi, actuellement à la présidence tournante de l’Union africaine.
Une candidature portée par l’Afrique
Le choix du Burundi comme sponsor officiel reflète une stratégie continentale. Macky Sall, qui a présidé l’Union africaine entre 2022 et 2023, a défendu avec constance l’intégration de l’Afrique dans les instances financières et politiques mondiales, réclamant notamment un siège permanent au G20 pour le continent et une réforme de l’architecture financière internationale. Ses partisans voient en lui un médiateur expérimenté, capable de représenter efficacement l’Afrique sur la scène mondiale.
Pour Dakar, cependant, la nouvelle administration semble marquer une distance avec l’ex-président. Ce manque de soutien interne pourrait compliquer sa campagne diplomatique, alors même que la crédibilité nationale reste un critère crucial pour séduire les membres du Conseil de Sécurité.
Des dossiers sensibles à Dakar
Si sa stature internationale est respectée, Macky Sall doit composer avec un passif domestique jugé controversé. Les nouvelles autorités sénégalaises dénoncent une gestion opaque des finances publiques et évoquent une dette nationale plus lourde que ce qui avait été communiqué publiquement. Dans un contexte économique fragile, ces accusations de mauvaise gouvernance risquent de nourrir les critiques lors des auditions internationales. À l’ONU, où la transparence est scrutée, ces éléments pourraient peser dans la balance.
Une compétition mondiale et une question de genre
La course à la succession de Guterres s’annonce intense. Parmi les candidats, figurent des personnalités comme Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, soutenue par l’Amérique latine, et Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA. En parallèle des considérations géopolitiques, un facteur inédit pourrait influencer la décision : le genre. Plusieurs observateurs soulignent que l’ONU pourrait, pour la première fois en 80 ans, élire une femme à sa tête, ce qui introduit un élément supplémentaire de complexité dans la compétition.
Le moment décisif approche
Le processus de sélection entrera dans sa phase la plus critique dès juillet, lorsque les quinze membres du Conseil de Sécurité examineront les candidatures. Seul le candidat approuvé par ce Conseil pourra être officiellement élu par l’Assemblée générale. Pour Macky Sall, l’enjeu est clair : convaincre que son expérience de médiateur continental et ses initiatives diplomatiques surpassent les critiques liées à son héritage au Sénégal.
Le monde observera attentivement les prochains mois, tandis que l’ancien président sénégalais s’efforce de transformer ses ambitions africaines en une légitimité globale.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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