« La sécurité du sommet de l’État a failli » : à Caracas, la chute d’un général accélère la recomposition du pouvoir
- malikunafoninet
- 7 janv.
- 2 min de lecture

« La responsabilité ne s’efface pas avec le grade. » Cette phrase, attribuée à un proche de la présidence par intérim, résume l’atmosphère qui règne depuis l’arrestation du général de division Javier Marcano Tábata, ancien pilier du dispositif sécuritaire de Nicolás Maduro.
Moins de trois jours après la capture de l’ex-président vénézuélien lors d’une opération aérienne menée par les États-Unis, Delcy Rodríguez, désormais à la tête de l’exécutif par intérim, a pris une décision lourde de sens : écarter et faire arrêter l’homme chargé jusqu’alors de protéger le cœur du pouvoir.
Un homme-clé emporté par la chute du système qu’il protégeait
Javier Marcano Tábata cumulait deux fonctions parmi les plus sensibles du pays :
La direction du contre-espionnage militaire (DGCIM) et le commandement de la Garde d’honneur présidentielle. En clair, il incarnait à la fois le bouclier et l’œil du régime.
Sa mise à l’écart marque un tournant. Selon les autorités, plusieurs griefs pèsent contre lui :
– L’incapacité à prévenir l’opération ayant conduit à l’extraction de Maduro,
– Des soupçons de fuite d’informations sur les protocoles de sécurité internes,
– Et une perte de contrôle sur les unités placées sous son autorité, révélée par les désordres survenus autour de l’Assemblée nationale.
Ces accusations dessinent un même constat : la chaîne de sécurité présidentielle s’est fissurée au moment critique.
Une décision qui dépasse le cadre militaire
Au-delà du sort personnel du général, l’acte posé par Delcy Rodríguez est avant tout politique. En s’attaquant à un officier historiquement loyal à Maduro, la présidente par intérim rompt avec une logique fondée sur la fidélité individuelle pour imposer une autorité institutionnelle recentralisée.
Cette arrestation signe aussi la fin d’un modèle : celui d’un appareil sécuritaire construit autour d’un seul homme. Désormais, les centres de décision se déplacent vers la vice-présidence et ses cercles proches, au détriment des anciens réseaux.
Onde de choc dans les forces armées
Dans les casernes, le message est clair. Aucun grade, aucune proximité passée avec le pouvoir déchu ne garantit l’immunité.
En neutralisant simultanément la DGCIM et la Garde d’honneur, le nouveau leadership cherche à prévenir toute contestation interne, tout en préparant une réorganisation annoncée des services de renseignement.
Selon plusieurs sources institutionnelles, une nouvelle architecture sécuritaire, directement rattachée à l’exécutif intérimaire, pourrait être dévoilée dans les prochaines heures.
Caracas sous tension, un pouvoir encore fragile
Dans la capitale, les signes du basculement sont visibles. Les mêmes unités blindées qui assuraient hier la protection du palais présidentiel patrouillent aujourd’hui dans un climat de méfiance et de transition.
Le devenir judiciaire de Marcano Tábata reste incertain. Mais une chose est acquise : sa chute symbolise l’effondrement d’un rempart longtemps présenté comme inviolable.
La page Maduro se tourne dans la douleur, et la phase qui s’ouvre à Caracas s’annonce instable, marquée par des ajustements rapides, des loyautés mouvantes et une lutte silencieuse pour le contrôle réel de l’État.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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