Gestion des réfugiés : le Mali consolide son modèle entre protection et cohésion sociale
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« Près de 291 000 réfugiés vivent aujourd’hui au Mali », un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du défi humanitaire auquel le pays fait face, mais aussi les efforts engagés pour y répondre. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, a reçu, mardi 5 mai 2026, le représentant résident du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Mali, Pierre Camara. Au cœur des échanges : des solutions concrètes pour améliorer la prise en charge des réfugiés et renforcer leur intégration.
Parmi les priorités abordées figure la question de l’identification. La mise en place de cartes dédiées aux réfugiés apparaît comme un levier essentiel pour faciliter leur accès aux services de base, notamment la santé, l’éducation ou encore l’assistance administrative. Un outil jugé stratégique dans un contexte où la mobilité et la vulnérabilité compliquent souvent le suivi des populations déplacées.
Au-delà des aspects techniques, la rencontre a également mis en lumière une réalité souvent peu médiatisée : la cohabitation entre réfugiés et communautés d’accueil. Selon le représentant du HCR, cette dynamique constitue l’un des points forts du Mali, régulièrement cité en exemple pour son hospitalité et sa capacité à préserver un climat de coexistence pacifique malgré les pressions.
Autre axe de discussion : le retour volontaire des réfugiés. Les autorités et leurs partenaires entendent accompagner ce processus dans des conditions dignes et sécurisées, tout en développant des initiatives en faveur des jeunes et des femmes réfugiés. L’objectif est clair : éviter leur marginalisation et favoriser leur participation à la vie socio-économique.
À l’approche du Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, le HCR a sollicité l’appui du ministère pour organiser des activités de sensibilisation. Cette célébration devrait notamment valoriser des initiatives comme le Camp de la citoyenneté 2026, qui a vu une forte implication des jeunes réfugiés, une première saluée par les acteurs présents.
Mais les défis ne sont pas uniquement logistiques. Les discours de stigmatisation sur les réseaux sociaux inquiètent également. Certains réfugiés sont, à tort, associés à des groupes armés, une dérive que les autorités et leurs partenaires souhaitent contrer par davantage de communication et de sensibilisation.
En réponse, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État malien à garantir la protection des réfugiés et à défendre les valeurs de solidarité et de vivre-ensemble. Une position qui s’inscrit dans une volonté plus large de faire de la gestion des réfugiés un facteur de stabilité, plutôt qu’une source de tensions.
À l’heure où les crises déplacent des milliers de personnes à travers la région, le Mali semble vouloir maintenir ce cap, en misant sur l’inclusion et la responsabilité partagée. Le rendez-vous du 20 juin pourrait ainsi servir de baromètre pour mesurer les avancées et mobiliser davantage autour de cette cause.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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