top of page

Est de la RDC : des combats violents ternissent les récentes avancées diplomatiques

  • 23 juil. 2025
  • 3 min de lecture

« Les déclarations s’enchaînent, mais sur le terrain, ce sont toujours les balles qui parlent. » Cette phrase d’un habitant de Masisi résume l’amertume grandissante dans l’est de la République démocratique du Congo, alors que les affrontements armés reprennent de plus belle. Malgré les récents engagements de paix signés à Doha et à Washington, les violences se sont intensifiées ces derniers jours dans les territoires de Masisi, Rutshuru et une partie de Walikale, au Nord-Kivu.

 

Une flambée de violence malgré les engagements de paix

 

Dans la nuit du 21 au 22 juillet, des combats de grande ampleur ont opposé les milices Wazalendo — notamment affiliées au Nduma Défense du Congo (NDC) — aux rebelles de l’AFC/M23, appuyés selon plusieurs sources par des unités venues du Rwanda voisin. Cette nouvelle poussée de violence intervient pourtant à peine quelques jours après deux annonces censées dessiner les contours d’un apaisement : une déclaration conjointe entre Kinshasa et les représentants politiques du M23 signée à Doha, et un accord bilatéral entre la RDC et le Rwanda parrainé par les États-Unis à Washington.

 

Mais dans les collines du Nord-Kivu, ces signatures semblent avoir peu d’effet. Des tirs nourris et des engins explosifs improvisés ont été signalés dans plusieurs localités, notamment dans les groupements de Nyamaboko Premier et Mufunyi Kibabi à Masisi, ainsi qu’à Bukombo et Muko dans le territoire de Rutshuru. À Walikale également, le groupement Kisimba est le théâtre d’affrontements répétés depuis plusieurs jours.

 

Des civils pris au piège

 

Selon des témoignages recueillis sur place, au moins huit civils ont été tués et plusieurs autres blessés depuis le début de cette nouvelle offensive. Des habitations ont été détruites, et de nombreux habitants ont pris la fuite pour échapper aux combats. À Nkobe, Karoba, Luke ou encore Bukumbiriri, la peur règne. Les populations, déjà éprouvées par des années de conflit, se retrouvent à nouveau ballotées entre les lignes de front.

 

Une diplomatie fragilisée par la réalité militaire

 

Ces événements jettent une ombre sur les récentes démarches diplomatiques qui avaient suscité l’espoir d’un tournant. L’accord signé à Doha prévoit une mise en œuvre progressive jusqu’au 29 juillet, mais rien n’indique clairement si les parties s’engagent à suspendre les opérations militaires pendant ce laps de temps. Cette ambiguïté, combinée à l’absence d’un mécanisme de surveillance robuste, affaiblit la crédibilité des engagements pris.

 

Du côté de la population comme chez certains acteurs humanitaires, l’incompréhension grandit : comment concilier la parole de paix portée sur la scène internationale avec une recrudescence des hostilités à l’intérieur du pays ? Ce décalage entre les salons de négociation et la réalité du terrain interroge sur la sincérité des engagements et sur l’impact réel de la médiation régionale.

 

Un processus de paix menacé

 

Le risque est désormais réel de voir les avancées diplomatiques récentes s’effondrer si aucune mesure concrète de désescalade n’est rapidement prise. La reprise des combats compromet non seulement le retour des déplacés, mais fragilise aussi la confiance entre les parties prenantes.

 

Les garants des accords signés, en particulier ceux de Doha, sont désormais sous pression. Leur capacité à imposer un respect strict du cessez-le-feu conditionnera en grande partie la suite du processus. Des voix s’élèvent pour exiger une surveillance indépendante des engagements militaires, un dialogue plus inclusif avec les acteurs locaux, et surtout, un engagement sincère à faire taire les armes.

 

En attendant, les populations de Masisi, Rutshuru et Walikale continuent de payer le prix d’un conflit enraciné, où les promesses de paix semblent toujours repoussées à demain.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note*
bottom of page