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Deux ans de l’AES : La Confédération du Sahel se veut « un pôle africain de paix et de prospérité »

  • il y a 1 minute
  • 3 min de lecture

 

Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération des États du Sahel, a livré un message solennel à l’occasion du deuxième anniversaire de l’AES, ce 6 juillet 2026. L’occasion de dresser un bilan des acquis et de tracer les perspectives d’une entité qui revendique désormais une place sur la scène internationale.

 

La date du 6 juillet 2024 restera gravée dans les mémoires sahéliennes comme le jour où trois pays voisins le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont scellé leur destin commun en créant la Confédération des États du Sahel (AES). Deux ans plus tard, ce qui n’était qu’une alliance de circonstance face à la menace terroriste s’est mué en une véritable « réalité politique, diplomatique, militaire et économique », selon les termes du capitaine Ibrahim Traoré.

 

Une naissance sous le signe de l’urgence

 

Pour comprendre la portée de ce projet, il faut remonter à septembre 2023. Les trois États, confrontés à une vague d’attaques jihadistes d’une violence inouïe, décident de s’unir au sein de l’Alliance des États du Sahel. L’objectif ? Mettre en commun leurs forces de défense et coordonner leur riposte face à l’insécurité grandissante qui gangrène leurs territoires respectifs.

 

La confédération, officialisée le 6 juillet 2024, va bien au-delà d’un simple partenariat militaire. Elle incarne la volonté de ces pays de reprendre leur destin en main, loin des tutelles extérieures. Le capitaine Traoré ne s’y trompe pas, lui qui évoque une « renaissance africaine » et une « volonté politique inébranlable » de ses trois membres fondateurs.

 

Des résultats tangibles en deux ans

 

Sur le terrain, les progrès sont réels. La coopération politique s’est renforcée, les armées coordonnent désormais leurs opérations antiterroristes avec une efficacité nouvelle, et les administrations travaillent « selon une vision commune ». L’un des symboles les plus parlants de cette intégration : l’adoption d’un passeport biométrique confédéral, signe que l’espace sahélien se pense désormais comme un ensemble cohérent.

 

Sur le plan économique, la création de la Banque confédérale d’investissement et de développement témoigne d’une ambition partagée : faire de la région un pôle de prospérité où les richesses locales sont transformées sur place, où l’industrialisation et la souveraineté alimentaire deviennent des priorités.

 

« Notre bonheur dépend de nous-mêmes »

 

Mais le chemin est semé d’embûches. Le président Traoré dénonce une « guerre économique et médiatique d’une ampleur jamais égalée » menée contre la confédération. « Campagnes de désinformation », « pressions diplomatiques », « tentatives de déstabilisation » : le dirigeant burkinabè liste les obstacles qui visent à freiner « la structuration continue de notre confédération ».

 

Face à cette hostilité, l’appel est clair : rester unis, « redoubler de vigilance et d’ardeur au travail ». Dans un passage qui résonne comme un manifeste, le capitaine Traoré lance : « Notre bonheur et nos succès dépendent de nous-mêmes et exigent plus d’efforts, plus de sacrifices. »

 

Un cap pour l’avenir : l’An II de la confédération

 

Après une première année marquée par la mise en place des institutions et l’élaboration d’une feuille de route sous la direction du général malien Assimi Goïta, l’AES aborde sa deuxième année avec des objectifs précis : autodéfense collective, intégration économique renforcée, souveraineté énergétique, transformation locale des richesses ou encore mise en commun des capacités scientifiques et technologiques.

 

« Ces acquis sont le fruit d’une conviction profonde : aucun de nos États ne sera véritablement fort si les autres demeurent fragiles », souligne le message présidentiel.

 

Une confédération « dirigée contre personne »

 

Le dirigeant burkinabè tient à rassurer : la confédération « n’est dirigée contre aucun peuple, aucune nation ». Elle constitue « un choix souverain » de trois États désireux de bâtir « un monde plus juste et plus solidaire ». Les discussions avec la CEDEAO se poursuivent d’ailleurs pour établir un nouveau cadre de relations, même si les positions restent fermes : le respect mutuel, la non-ingérence et la défense des intérêts populaires sont posés comme des principes « non négociables ».

 

Alors que les regards se tournent vers l’avenir, la confédération réaffirme son ancrage dans les idéaux panafricains. « Nous sommes un Peuple, un Espace, un Destin commun », martèle le message, comme pour rappeler que l’expérience sahélienne pourrait bien dessiner les contours d’une nouvelle forme d’intégration sur le continent.

 

En ce 6 juillet 2026, le Sahel célèbre donc deux ans d’une union dont il espère qu’elle tiendra ses promesses : la paix, la souveraineté et la prospérité partagée. Un pari que ses dirigeants entendent bien tenir, quoi qu’il en coûte.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

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