Côte d’Ivoire : lourdes réquisitions contre l’influenceur Apoutchou dans une affaire de blanchiment
- il y a 14 heures
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« La banalisation des pratiques financières illicites doit cesser. » C’est en ces termes que le parquet du Pôle pénal économique et financier d’Abidjan a justifié la sévérité de ses réquisitions dans le dossier visant l’influenceur ivoirien Stéphane Agbre, plus connu sous le nom d’Apoutchou National.
Lors de l’audience du mardi 24 mars 2026, le ministère public a demandé au tribunal de condamner l’influenceur à sept ans de prison ferme, assortis d’une amende de 240 millions de francs CFA. Deux autres personnes poursuivies dans la même affaire risquent également de lourdes peines. Les faits reprochés portent notamment sur le blanchiment de capitaux, des paris illicites en ligne et l’utilisation frauduleuse de réseaux de communication électronique.
Une vidéo à l’origine de l’enquête
L’affaire trouve son origine dans une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux en novembre 2024. Dans cette vidéo largement partagée, Apoutchou apparaît avec deux proches en train de montrer un sac rempli de liasses de billets.
La scène attire rapidement l’attention des autorités. Quelques jours plus tard, le parquet ouvre une enquête. Le 12 novembre 2024, les enquêteurs de la Police économique et financière procèdent à l’arrestation de l’influenceur ainsi que de Fofana Abdoulaye et Akobe Leonel, alias Leonel PCS.
Un procès à forte portée symbolique
Au-delà du cas individuel de l’influenceur, cette procédure intervient dans un contexte particulier pour la Côte d’Ivoire. Le pays figure actuellement sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international chargé de surveiller la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Dans ce cadre, les autorités ivoiriennes cherchent à démontrer leur détermination à lutter contre les circuits financiers illégaux. La présence du procureur lui-même pour porter les réquisitions lors de l’audience a été interprétée comme un signal fort.
Selon l’accusation, la circulation de grosses sommes d’argent liquide et les transactions réalisées via certains circuits numériques non contrôlés illustrent les dérives que les autorités souhaitent désormais endiguer.
D’autres acteurs dans le viseur de la justice
Le dossier ne se limite pas aux influenceurs. Un opérateur économique cité dans l’enquête est également poursuivi. Le parquet a requis 36 mois de prison ferme à son encontre, accompagnés d’une amende de 240 millions de FCFA. Sa société pourrait également être sanctionnée par la justice.
Verdict attendu
Le tribunal n’a pas encore rendu sa décision. Le jugement est attendu dans les prochaines semaines.
Très suivi sur les réseaux sociaux, Apoutchou National compte plusieurs millions d’abonnés. Jusqu’à présent, l’influenceur n’a pas réagi publiquement aux réquisitions du parquet. Le verdict pourrait toutefois marquer un tournant dans la régulation des activités financières liées à l’influence numérique en Côte d’Ivoire.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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