Burkina Faso : le retour de la peine capitale dans un contexte de lutte intense contre le terrorisme
- malikunafoninet
- 5 déc. 2025
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« Nous devons répondre aux attentes du peuple face à la menace », a déclaré le ministre burkinabè de la Justice, Édasso Rodrigue Bayala, en présentant la réforme qui marque un tournant majeur dans la politique pénale du pays. Jeudi 4 décembre, la transition a annoncé le rétablissement de la peine de mort pour certains crimes jugés particulièrement graves.
Une rupture avec les engagements pris en 2018
Quasiment quarante ans après sa dernière application, la peine capitale réapparaît dans l’arsenal juridique burkinabè. Abolie en 2018, elle pourra désormais être prononcée pour des faits de terrorisme, de haute trahison ou d’espionnage.
Selon le ministre Bayala, l’abolition aurait été exploitée par les groupes armés, qui « se prévalaient des conventions internationales » pour échapper aux sanctions. Le gouvernement estime que cette situation avait affaibli la dissuasion face à l’insécurité grandissante.
Un code pénal largement durci
Le nouveau texte introduit également des sanctions plus sévères pour les crimes économiques.
Les détournements et actes de corruption impliquant au moins cinq milliards de francs CFA pourront être punis de prison à perpétuité. Une mesure qualifiée de nécessaire dans un contexte où la lutte contre la mauvaise gestion des ressources publiques devient prioritaire.
Le code pénal renforce aussi la répression autour des questions sociétales. La « promotion des pratiques homosexuelles » devient une infraction clairement mentionnée, dans la continuité d’une loi adoptée en septembre qui prévoyait déjà jusqu’à cinq ans de prison pour les pratiques concernées.
Une orientation politique assumée par les autorités de transition
Cette réforme s’inscrit dans la ligne souverainiste défendue par le capitaine Ibrahim Traoré depuis son arrivée à la tête de la transition.
Le pays multiplie par ailleurs les rapprochements avec des partenaires comme l’Iran et la Russie, tout en se montrant plus distant vis-à-vis de certaines positions occidentales.
Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être examiné par l’Assemblée législative de transition, dominée par des personnalités nommées par les autorités actuelles.
Une réforme susceptible de faire réagir
Alors que plusieurs organisations internationales surveillent de près l’évolution sécuritaire et politique du Burkina Faso, l’adoption définitive de cette réforme pourrait susciter des réactions dans les prochains jours. Les autorités, elles, affirment que la priorité reste la lutte contre un terrorisme toujours actif et meurtrier.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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