BCID-AES : un économiste burkinabè pour piloter la nouvelle banque stratégique du Sahel
- 9 févr.
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« Doter le Sahel de ses propres leviers financiers ». Derrière cette ambition portée par la Confédération des États du Sahel (AES), une décision clé vient d’être actée : la nomination du Professeur Balibié Serge Auguste Bayala à la tête de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Une annonce discrète, mais aux implications majeures pour l’avenir économique de l’espace sahélien.
Une banque pensée comme un outil de souveraineté
La BCID-AES ne se limite pas à un rôle bancaire classique. Elle s’inscrit dans la nouvelle architecture institutionnelle voulue par les chefs d’État de l’AES, avec un objectif assumé : financer le développement du Sahel à partir de ressources maîtrisées, orientées selon les priorités régionales. Infrastructures stratégiques, industrialisation, projets intégrateurs ou encore mobilisation de l’épargne interne figurent parmi ses missions centrales.
Dans un contexte de redéfinition des partenariats économiques et de recherche d’autonomie financière, cette institution est appelée à devenir un pilier de la souveraineté économique sahélienne.
Un profil taillé pour les institutions complexes
Pour conduire ce chantier sensible, le choix s’est porté sur un homme rompu aux exigences de la gouvernance financière. Professeur titulaire des universités et spécialiste reconnu de la gestion financière, Balibié Serge Auguste Bayala est titulaire d’un doctorat (PhD) obtenu à l’Université de Groningen, aux Pays-Bas. Son parcours combine rigueur académique et pratique de haut niveau dans les institutions publiques et régionales.
Au Burkina Faso, il a été l’un des artisans de la création de la Caisse des Dépôts et d’Investissements (CDI-BF), un instrument clé pour canaliser l’épargne longue vers l’investissement productif. Une expérience directement en phase avec les missions assignées à la BCID-AES.
Une expérience régionale et sous-régionale reconnue
Le nouveau président de la BCID-AES n’est pas un inconnu dans les cercles financiers africains. À Dakar, il a dirigé le Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG), qu’il a contribué à transformer en pôle régional de référence, tant sur le plan académique qu’institutionnel.
Il a également occupé des fonctions stratégiques au sein de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), notamment au COFEB, où il a participé à la formation et au renforcement des capacités des cadres des banques centrales et des administrations financières de la sous-région.
Un signal fort pour le Burkina Faso et l’AES
Au-delà de la trajectoire individuelle, cette nomination envoie un message politique et institutionnel clair. Elle traduit la volonté des États de l’AES de confier leurs nouveaux instruments à des profils techniques crédibles, capables de dialoguer avec les partenaires internationaux tout en défendant une vision endogène du développement.
Pour le Burkina Faso, il s’agit également d’une reconnaissance du niveau de ses compétences nationales, désormais appelées à jouer un rôle moteur dans les nouvelles structures régionales.
Une institution attendue au tournant
La mise en route effective de la BCID-AES sera scrutée de près. Ses premiers choix stratégiques, ses mécanismes de financement et les projets qu’elle soutiendra diront beaucoup de sa capacité à incarner la promesse d’un développement sahélien pensé et financé par le Sahel lui-même.
La nomination du Professeur Bayala ouvre ainsi une nouvelle étape : celle où la souveraineté financière proclamée devra se traduire en résultats concrets pour les populations.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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