Afrique : entre ambitions diplomatiques et équations nationales, le flou autour d’un choix stratégique
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« Le prochain Secrétaire général devra rassembler dans un monde fragmenté. » Cette phrase, souvent reprise dans les couloirs diplomatiques, résume l’enjeu de la bataille silencieuse qui se joue actuellement autour de la succession à la tête des Nations unies. Et dans cette course feutrée, l’Afrique avance encore à pas mesurés.
Depuis plusieurs semaines, un nom revient avec insistance dans les discussions informelles : celui de Macky Sall. Ancien président du Sénégal, figure connue des sommets internationaux, il bénéficie d’un parcours qui parle aux capitales africaines comme aux chancelleries occidentales. Son rôle dans le rapprochement institutionnel entre l’Union africaine et le G20 a renforcé son image de dirigeant capable de porter une voix continentale sur la scène mondiale.
Mais cette stature internationale se heurte aujourd’hui à une réalité plus prosaïque : la politique intérieure sénégalaise. Selon les règles non écrites de la diplomatie onusienne, une candidature crédible passe par un parrainage officiel de l’État d’origine. Or, à Dakar, la transition politique a rebattu les cartes. Les relations entre l’ancien chef de l’État et les nouvelles autorités restent marquées par une certaine distance, rendant tout soutien officiel incertain. Jusqu’à présent, aucune position publique n’a été exprimée par le gouvernement sénégalais sur ce dossier.
Pendant que l’Afrique temporise, d’autres régions ont déjà structuré leur stratégie. En Amérique latine, plusieurs candidatures solides se détachent.
Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, avance avec l’appui affirmé de son pays et d’un réseau diplomatique éprouvé.
L’Argentin Rafael Grossi, à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique, mise sur son expertise technique et son expérience de la gestion des crises sensibles.
De son côté, Rebeca Grynspan, actuelle Secrétaire générale de la CNUCED, fait valoir sa maîtrise des enjeux économiques mondiaux et sa longue carrière au sein du système onusien.
Face à ces candidatures déjà structurées, le temps devient un facteur clé pour l’Afrique. Les discussions engagées au sein de l’Union africaine, notamment à Addis-Abeba, devront rapidement dépasser le stade des consultations informelles. Sans consensus clair ni décision politique assumée, le continent risque de voir son influence diluée dans une compétition déjà bien engagée.
Les prochaines semaines seront donc décisives. Soit l’Afrique transforme ses ambitions en acte diplomatique coordonné, soit elle observe, une fois de plus, le choix se faire sans elle. Dans un monde en recomposition, l’absence pourrait coûter aussi cher qu’un mauvais choix.
Oura KANTE
Malikunafoni
News Afrique










































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