Abattoir frigorifique de Sabalibougou : 7 605 tonnes de viande produites en 2025, cap sur la modernisation
- 9 janv.
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« Nous sommes à un tournant décisif pour l’avenir de l’abattoir. » C’est par ce constat que le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a donné le ton, jeudi 8 janvier 2026 à Bamako, lors de la 14ᵉ session du Comité de pilotage de l’Abattoir frigorifique de Sabalibougou (AFS).
Créé en 2003, l’AFS s’est progressivement imposé comme un maillon central de l’approvisionnement de Bamako en viande. Plus de vingt ans après sa mise en service, l’infrastructure affiche des résultats jugés encourageants par les autorités, tout en faisant face à des défis techniques et financiers persistants.
Une production en hausse malgré un contexte contraignant
Au bilan de l’exercice 2025, l’abattoir a enregistré 7 605 tonnes de viande produites, toutes espèces confondues, ainsi que 303 tonnes de sous-produits d’abattage commercialisées. Des chiffres qui traduisent une activité soutenue, dans un contexte marqué par les pannes d’équipements, les coupures d’électricité et la concurrence des abattages clandestins.
Sur le plan financier, les recettes de l’année écoulée sont évaluées à 415,4 millions de FCFA, pour des dépenses légèrement supérieures, estimées à 417 millions de FCFA, révélant un équilibre fragile mais maîtrisé.
Des investissements visibles sur le terrain
Au-delà des chiffres, plusieurs réalisations ont été mises en avant. Sur ressources propres, l’AFS a renforcé ses infrastructures avec notamment de nouveaux hangars pour les petits ruminants, une rampe de débarquement des bovins, un mur de clôture, des toilettes adaptées, ainsi que des équipements destinés à améliorer les conditions d’abattage et d’hygiène.
Ces investissements, selon le ministre, traduisent une volonté constante de rapprocher l’abattoir des normes sanitaires et techniques internationales, condition essentielle pour répondre à la demande locale en viande saine et envisager, à terme, l’exportation.
2026, une année charnière annoncée
L’année 2026 est présentée comme une étape stratégique. Plusieurs projets structurants sont en cours ou programmés, avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Le Projet d’Appui à la Compétitivité de l’Économie Malienne (PACEM) accompagne la mise en œuvre du plan de modernisation issu de l’étude diagnostique de l’abattoir.
Parallèlement, le Projet de Développement Durable des Exploitations Pastorales au Sahel (PDDEPS-Mali) soutient des actions ciblées, notamment la construction d’un système de traitement des eaux usées, la réhabilitation et l’extension de la chambre froide, ainsi que l’acquisition de matériels essentiels pour la chaîne d’abattage.
D’autres investissements concernent l’énergie, avec l’installation prévue de dispositifs photovoltaïques et de biodigesteurs, afin de réduire la dépendance aux coupures électriques, ainsi que l’amélioration des moyens de transport des animaux.
Un appel à des orientations claires
Face aux difficultés persistantes — coûts élevés des intrants, pannes récurrentes, impact économique des abattages clandestins — le ministre Youba Ba a invité les membres du Comité de pilotage à un examen rigoureux et sans complaisance du bilan 2025. L’objectif : fournir à l’administration provisoire des orientations précises pour consolider les acquis et corriger les faiblesses dès 2026.
Les prévisions budgétaires pour l’année en cours tablent sur plus de 534 millions de FCFA de recettes, avec un résultat prévisionnel positif d’environ 3,6 millions de FCFA, signe d’un optimisme prudent.
En déclarant ouverts les travaux de cette 14ᵉ session, le ministre a clairement posé l’enjeu : transformer l’Abattoir frigorifique de Sabalibougou en un outil moderne, durable et économiquement viable, au service de la santé publique et de la filière bétail-viande. Les décisions issues de cette session seront donc scrutées comme un indicateur clé de cette ambition.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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