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Mines d’or : le Mali renforce son contrôle pour affirmer sa souveraineté économique

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« Nous reprenons ce qui nous appartient. C’est une question de souveraineté, de survie et de justice économique. » Cette déclaration d’un haut cadre du ministère des Mines résume le cap tracé par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 27 juin 2025 à Koulouba. Dans une démarche résolument souverainiste, les autorités maliennes ont acté la reprise en main de deux mines d’or stratégiques, Yatéla et Morila, et affichent une posture ferme face au géant Barrick Gold.

 

À Koulouba, ce vendredi 27 juin, les décisions prises sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta marquent un tournant dans la politique minière du pays. L’État malien, en quête de souveraineté économique, a officiellement transféré ses parts dans les sociétés Yatéla S.A. et Morila S.A. à la nouvelle Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali (SO.RE.MI.MA S.A.). Une initiative perçue comme un signal fort d’une volonté politique de reconquête des ressources nationales.

 

Yatéla, dont les activités étaient suspendues depuis 2016, et Morila, abandonnée par ses partenaires privés depuis 2022, deviennent ainsi des actifs entièrement sous contrôle malien. À travers cette cession gratuite, l’État entend combler le vide laissé par les opérateurs étrangers et préserver les emplois locaux. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la gouvernance, de protection des intérêts nationaux et de modernisation administrative.

 

Mais la véritable épreuve de force se joue autour du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto. Barrick Gold, principal exploitant, conteste la prise de contrôle provisoire décidée par l’État malien le 16 juin dernier, dans un contexte de différend fiscal estimé entre 300 et 600 milliards FCFA. Depuis la suspension de la production en janvier 2025, les tensions s’intensifient : blocage des exportations, saisie de trois tonnes d’or et nomination de Soumana Makadji comme administrateur provisoire. Une désignation hautement symbolique, bien que controversée, illustrant la volonté du gouvernement de reprendre les rênes.

 

Face aux recours judiciaires de Barrick au niveau national et auprès du CIRDI, Bamako joue une partie serrée. L’expiration du permis de Loulo en février 2026 pourrait marquer un point de bascule : soit une résolution à l’amiable avec indemnisation, soit une nationalisation de facto aux risques juridiques et réputationnels.

 

En dépit de ces tensions, le retrait du Mali de la liste grise du GAFI début juin offre un regain de crédibilité internationale. Mais le bras de fer avec Barrick envoie un message clair : le partenariat économique ne sera désormais acceptable que dans un cadre équilibré et transparent.

Sur le terrain, l’ambition est palpable. Le Mali entend redéfinir les règles du jeu dans l’exploitation de ses ressources stratégiques. Par la création de la SO.RE.MI.MA, la reprise des mines de Yatéla et Morila, et une posture intransigeante dans le dossier Loulo-Gounkoto, l’État malien affirme sa souveraineté. Reste à voir si cette réappropriation économique réussira à concilier patriotisme et attractivité.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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