Urgent/Côte d’Ivoire : Le président de l’Assemblée nationale Amadou Soumahoro tire sa révérence


L’information a été donnée par le chef de l’Etat ivoirien, Allassane Dramane Ouattara, lui-même en ces termes : « J’ai la profonde douleur de vous annoncer le décès, ce samedi 7 mai 2022, du Président de l’Assemblée Nationale, mon jeune frère, Amadou Soumahoro. » Il a profité de son communiqué pour rendre hommage au disparu. « Je rends hommage à un grand homme d'Etat, dont l’engagement et le parcours politique ont marqué notre pays. La Côte d’Ivoire perd un valeureux fils, un homme de conviction et de devoir. Je perds un fidèle compagnon, un ami loyal et dévoué. »

Avant de terminer par présenter ses condoléances à la famille de l’illustre défunt. «En cette douloureuse circonstance, je présente mes condoléances les plus émues à sa famille et à ses proches. »

Il faut dire que cette mort porte à trois le nombre de personnalités du régime Ouattara portées sous terre au cours de leur mission. Le premier à partir a été le Premier ministre Amadaou Gon Coulibaly, suivi de son successeur, très populaire Hamed Bagayoko. Cette énième disparition porte un coup dur au régime en pleine mutation. La mort de Amadou Soumahoro intervient quelques jours seulement après des grands changements au sein des deux Institutions de l’Exécutif : la nomination d’un nouveau vice président en la personne de Tiémoko Meyliet Koné en remplacement de Daniel Kablan Duncan, qui avait démissionné avec fracas de ce poste de vice-président quelques jours après le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.



Il était annoncé candidat du parti au pouvoir pour l'élection présidentielle prévue en octobre 2020. Peut être que cet ami commun avec le président du PDCI, Henri Konan Bédié, pensait que la mort de Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet 2020 d'un infarctus, allait lui ouvrir la voie royale à la magistrature suprême de son pays. Mais, c’était sans compte avant la volonté du président Ouattara de rempiler pour un troisième mandat. Le choix du défunt n’étant juste qu’une manière de tromper la vigilance de ses compatriotes.



Car après sa réélection en 2015, il avait décidé de ne plus laisser planer le doute sur une possible candidature à un troisième mandat, quand bien même qu’avec la nouvelle Constitution ivoirienne ne lui interdisait pas le droit de se représenter en raison du changement constitutionnel de 2016. Il avait donc décidé de son plein gré de renoncer à être candidat à la présidentielle de 2020. Mais, peu de temps après la mort de Amadou Gon Coulibaly, il s’est fait investi, un samedi 22 août 2020, candidat de son parti à la présidentielle d'octobre, pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par ses opposants qui ont bravés l'interdiction jusqu'au 15 septembre des manifestations de rue.



L'annonce de sa candidature a provoqué des grandes manifestations qui ont dégénéré en violences pendant trois jours, faisant six morts, une centaine de blessés et 1.500 déplacés. En outre, 69 personnes ont été interpellées, selon un bilan officiel.