Stratégie Togo-Sahel : le Mali appelle à une coopération fondée sur la souveraineté et la confiance
- 20 avr.
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« On ne peut pas raser la tête de quelqu’un en son absence. » Par cette formule imagée, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a insisté sur la nécessité d’associer pleinement les pays du Sahel aux initiatives qui les concernent directement.
Le chef de la diplomatie malienne s’exprimait le 18 avril 2026 à Lomé, lors de la cérémonie de lancement de la nouvelle stratégie Sahel du Togo. Devant des responsables politiques et des partenaires internationaux, il a salué l’initiative togolaise tout en rappelant l’importance de placer les États sahéliens au cœur des décisions concernant la sécurité et le développement de la région.
Une initiative saluée par Bamako
Au nom du Mali, le ministre a d’abord transmis les salutations du président de la transition, Assimi Goïta, ainsi que celles du gouvernement malien aux autorités togolaises. Il a également exprimé la reconnaissance de Bamako pour l’engagement du Togo, conduit par Faure Gnassingbé, en faveur de la paix et de la stabilité dans l’espace ouest-africain.
Selon lui, la stratégie lancée par Lomé témoigne d’une volonté d’adapter l’action diplomatique et sécuritaire aux nouvelles réalités géopolitiques qui traversent le Sahel et les pays du golfe de Guinée.
Une crise aux racines multiples
Dans son intervention, Abdoulaye Diop a rappelé que la crise sécuritaire qui frappe le Sahel ne peut être comprise uniquement sous l’angle militaire. Pour Bamako, les causes du terrorisme sont complexes et s’inscrivent dans une succession d’événements internes et externes, dont certains remontent à l’intervention occidentale en Libye.
Face à cette situation, le responsable malien a plaidé pour une approche globale prenant en compte les dimensions sécuritaires, mais aussi humanitaires, économiques, sociales et politiques.
L’AES comme nouvelle réalité géopolitique
Le ministre a également mis en avant le rôle croissant de la Confédération des États du Sahel, qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Créée en juillet 2024 à Niamey, cette organisation repose sur trois priorités : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement. Selon Abdoulaye Diop, les premiers résultats enregistrés dans ces domaines montrent la pertinence de ce cadre de coopération, qui s’impose progressivement comme un acteur central dans l’équilibre régional.
La question de la confiance entre États
Le chef de la diplomatie malienne a toutefois insisté sur un défi majeur : la confiance entre les pays de la région. Pour lui, une coopération efficace contre le terrorisme suppose plusieurs conditions, notamment la fin de tout soutien aux groupes armés et l’arrêt de l’utilisation de territoires voisins pour déstabiliser d’autres États.
Dans ce contexte, il a évoqué la possibilité de renforcer d’abord les collaborations bilatérales là où la confiance existe, avant d’élargir progressivement ces partenariats.
Vers des mécanismes africains de sécurité
Autre point souligné : la nécessité de bâtir des mécanismes de sécurité conçus et financés par les Africains eux-mêmes. Le Mali estime que les initiatives internationales doivent soutenir les efforts nationaux plutôt que se substituer aux États.
Le ministre a également appelé les partenaires extérieurs à tirer les leçons des limites observées dans certaines interventions passées et à privilégier des approches respectueuses de la souveraineté des pays sahéliens.
Un appel à une nouvelle approche du Sahel
Dans sa conclusion, Abdoulaye Diop a résumé la position de Bamako : soutenir les initiatives « sincères » en faveur de la région, renforcer la coordination entre les différentes stratégies existantes et replacer les priorités des États sahéliens au centre des actions internationales.
Pour lui, l’avenir de l’Afrique de l’Ouest dépendra de la capacité des pays de la région à travailler ensemble malgré les divergences politiques actuelles.
« Nos destins sont liés », a-t-il rappelé, estimant que la coopération reste la seule voie durable pour restaurer la stabilité et favoriser le développement dans l’espace ouest-africain.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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