Sri Lanka : Le président Gotabaya Rajapaksa a quitté le pays sous la pression de la rue


Cela fait longtemps que la "perle de l’océan indien" a perdu de son éclat, que l’ile de rêve, comme elle a longtemps été vendue par les agences touristiques, ne fait plus rêver les touristes tant nécessaires à son économie.

Les attentats islamistes de 2019 contre des églises et des hôtels, qui avait coûté la vie à plus de 250 personnes, ainsi que la pandémie de coronavirus sont passés par là.

Le Sri Lanka, qui compte près de 22 millions d’habitants, est surendetté. Il est très dépendant de l’extérieur pour couvrir ses besoins. Le pays manque de denrées alimentaires, de médicaments, de gaz et d’essence. Les magasins ont été contraints de rationner leurs produits pour éviter que la population ne dévalise les rayons pour stocker la nourriture.

Vivre à la bougie

Cela fait aussi des mois que la nuit tombée, on s’éclaire à la bougie à Colombo, la capitale économique, face aux coupures de courants permanentes et qui dépassent régulièrement des durées de dix heures, une éternité dans la chaleur de l’océan Indien.

Malgré cette situation qui n’a cessé d’empirer et les manifestations appelant à un renouvellement du pouvoir jugé incompétent, le président Gotabaya Rajapaksa avait continué à s’accrocher, jusqu’à sa fuite cette nuit à bord d‘un avion militaire. Un avion qui s’est posé aux Maldives tôt ce matin. Gotabaya Rajapaksa a promis de démissionner ce mercredi, mais cette démission n’a pas encore été rendu officielle.

Le président par intérim déjà contesté

Face à cette vacance du pouvoir, le Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, a été désigné chef de l’Etat par intérim. Cet avocat de formation issu d’une famille aisée est toutefois lui-même contesté dans le pays.

Il a déjà occupé le poste de chef de gouvernement à cinq reprises et était aux manettes lors des attentats islamistes de Pâques en 2019.

Gotabaya Rajapaksa l’avait nommé en mai dernier pour remplacer son frère, alors Premier ministre, et ainsi tenter de désamorcer la colère populaire.

Ranil Wickremesinghe avait alors promis que les Sri Lankais pourront à nouveau manger “trois repas par jour”.

Ce mercredi, il a demandé à l'armée et à la police de "faire le nécessaire pour rétablir l'ordre" face aux manifestants appelant à sa démission.

Source : Marco Wolter, Avec agences