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Sénégal : Macky Sall échappe à une mise en accusation devant la Haute Cour

  • 29 oct. 2025
  • 2 min de lecture

 

« La transparence ne doit pas être un slogan, mais une exigence démocratique », martelait récemment le député Guy Marius Sagna à l’Assemblée nationale. Ce lundi, son appel à juger l’ancien président Macky Sall pour « haute trahison » s’est heurté à un mur institutionnel : le Bureau de l’Assemblée nationale a déclaré irrecevable sa proposition de résolution relative à la fameuse « dette cachée » du Sénégal.

 

L’initiative, portée par l’élu du PASTEF, visait à saisir la Haute Cour de Justice (HCJ) pour examiner la gestion des finances publiques entre 2012 et 2024, période correspondant aux deux mandats de Macky Sall. Selon ses partisans, il s’agissait d’un test majeur de la promesse de « reddition des comptes » formulée par la nouvelle majorité issue de l’alternance politique.

 

Une décision sur la forme qui gèle le débat

 

Le Bureau du Parlement a invoqué un non-respect du règlement intérieur pour justifier le rejet du texte. Sept des huit propositions examinées ont ainsi été déclarées irrecevables, renvoyant toute poursuite judiciaire à plus tard. En conséquence, la procédure d’accusation contre l’ancien chef de l’État est suspendue, du moins provisoirement.

 

Ce verdict, purement technique selon les responsables de l’Assemblée, met un frein à une démarche symboliquement forte. Il protège aussi Macky Sall d’un procès sans précédent dans l’histoire politique du pays.

 

La dette cachée, un dossier explosif

 

Au cœur de la polémique : un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en début d’année, qui confirmait l’existence d’une partie de la dette publique « non déclarée », estimée à près de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés en dehors du circuit budgétaire, alimentent depuis des mois un débat national sur la gouvernance économique du régime précédent.

 

Pour Guy Marius Sagna et plusieurs économistes sénégalais, seule une enquête parlementaire ou judiciaire approfondie pourrait lever le voile sur la nature exacte de ces dettes et sur les responsables éventuels.

 

Entre promesse politique et réalité institutionnelle

 

Le rejet de la résolution illustre les limites du processus de reddition des comptes promis par les nouvelles autorités. Si le gouvernement affiche sa volonté de moraliser la vie publique, il se heurte à des cadres juridiques complexes et à des équilibres politiques fragiles.

 

Pour l’heure, la page judiciaire reste blanche, mais la question de la transparence continue de diviser la classe politique. Une partie de l’opinion estime que ce revers ne fait que retarder une confrontation inévitable entre l’exigence de vérité et les pesanteurs du système.

 

Source Afrik.com

Oura KANTÉ

Malikunafoni

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