Sébénicoro donne le ton : un concours national pour réinventer les quartiers maliens
- 25 août 2025
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« Un quartier propre et accueillant, c’est d’abord une école de citoyenneté », a lancé samedi 23 août le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Fomba. Ses mots ont résonné à Sébénicoro, dans la commune IV du district de Bamako, où il participait au lancement officiel du concours national du plus beau quartier.
Baptisée « Ne ka siguida, n’ka Faso ko » — littéralement « Mon quartier, mon pays » —, l’initiative ambitionne de transformer l’espace urbain en un cadre plus propre, plus esthétique et plus inclusif. Elle se veut surtout un moyen de faire émerger une jeunesse active et responsable, au-delà des frontières des quartiers.
Une compétition qui mobilise tout le pays
Ouverte depuis le 1er août et prévue jusqu’au 31 octobre, la compétition s’étend sur l’ensemble du territoire. Les 19 régions et le district de Bamako y participent, chacun à travers des projets d’embellissement menés par leurs habitants, souvent sous l’impulsion des jeunes associations locales.
À Sébénicoro, la commune IV a choisi de s’attaquer à l’une de ses artères principales : un tronçon d’un kilomètre à réhabiliter. L’opération nécessite à la fois de la main-d’œuvre volontaire et des moyens logistiques. Pour beaucoup de riverains, cette action est l’occasion de renforcer la cohésion et de redonner vie à leur quartier.
La jeunesse, moteur du changement
Le ministre Fomba, entouré de ses collègues de l’Environnement et de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, a insisté sur le rôle décisif des jeunes. Selon lui, au-delà du geste civique, cette mobilisation renforce des valeurs cardinales : respect des aînés, solidarité et esprit d’équipe. « C’est en s’appropriant de telles initiatives que les jeunes bâtiront un Mali plus fort », a-t-il martelé.
Un concours aux enjeux multiples
Derrière la dimension symbolique et festive, ce concours reflète un enjeu de société : comment repenser l’espace urbain face à l’urbanisation croissante ? À Bamako, les défis liés à la gestion des déchets, à l’insalubrité et au manque d’espaces publics sont récurrents. En engageant directement les communautés, les autorités espèrent inscrire une dynamique durable, où chaque habitant devient acteur du changement.
Une tradition revisitée
Les compétitions interquartiers ne sont pas nouvelles au Mali : elles rappellent les anciens défis communautaires où l’honneur du quartier passait par l’organisation, la solidarité et l’innovation. Cette fois, l’État veut transformer cette énergie en un moteur d’assainissement et d’embellissement, avec un impact concret et mesurable.
Alors que les travaux viennent de démarrer, beaucoup voient déjà dans « Ne ka siguida, n’ka Faso ko » plus qu’un concours. C’est une manière de renouer avec le civisme, de recréer du lien social et de donner à la jeunesse malienne l’occasion de montrer qu’elle est prête à bâtir un futur plus propre et plus solidaire.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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