RDC : Kiwanja face à une maladie mystérieuse qui décime les chèvres
- 5 mars
- 2 min de lecture

À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, la vie des éleveurs bascule depuis plusieurs jours. Une maladie inconnue frappe brutalement les chèvres et autres petits ruminants, provoquant des décès rapides et laissant les familles locales désemparées.
Une perte rapide et inquiétante pour les éleveurs
Les habitants de Kiwanja racontent l’angoisse quotidienne de voir leur troupeau disparaître en quelques jours. « Nos chèvres meurent les unes après les autres, et nous n’avons ni médicaments ni moyens pour faire venir un vétérinaire », confie un éleveur. Dans cette région, les chèvres ne sont pas seulement un moyen de subsistance : elles représentent une épargne sur pied, indispensable pour payer les frais scolaires, couvrir les soins de santé ou faire face aux imprévus. La perte de ces animaux fragilise donc directement l’économie domestique des familles.
Les symptômes observés sur le terrain sont alarmants : diarrhée sévère, écoulement nasal abondant, forte fièvre, perte d’appétit et affaiblissement rapide. Certains animaux meurent moins d’une semaine après l’apparition des premiers signes, rendant la situation critique et la propagation potentiellement rapide.
La peste des petits ruminants suspectée
Bahati Kirolina, vétérinaire à Kiwanja, avance l’hypothèse d’une peste des petits ruminants (PPR), une maladie virale très contagieuse touchant chèvres et moutons. « Les signes concordent avec ceux de la PPR, mais seule une analyse en laboratoire peut confirmer le diagnostic », explique-t-il.
La PPR est redoutable : dans les troupeaux non vaccinés, elle peut tuer jusqu’à 70 % des animaux. Elle se transmet par contact direct entre animaux ou via leurs sécrétions, et se propage facilement dans les zones où les bêtes circulent librement et partagent les mêmes points d’eau ou pâturages. La RDC a déjà enregistré des foyers de PPR dans le passé, mais la couverture vaccinale reste insuffisante, surtout dans les zones affectées par l’insécurité.
Une riposte compliquée par le contexte sécuritaire
La situation sanitaire s’inscrit dans un territoire marqué par la violence. Rutshuru est régulièrement le théâtre d’affrontements impliquant le M23 et les forces armées congolaises, provoquant déplacements de populations, perturbation des marchés et limitation de l’accès des vétérinaires aux zones rurales.
Dans ce contexte, les mesures de prévention sont difficiles à appliquer : isolement des animaux malades, désinfection des enclos, limitation des contacts entre troupeaux ou suspension des ventes sur pied restent presque impossibles à mettre en œuvre. Les éleveurs, sans ressources ni assistance, voient la maladie menacer non seulement leurs animaux, mais aussi leur survie économique.
Appels à une intervention urgente
Les experts et habitants appellent les autorités provinciales et les services vétérinaires à agir rapidement : dépistage des animaux, confirmation du diagnostic et lancement d’une campagne de vaccination d’urgence. En attendant, la vigilance reste de mise, et chaque jour compte pour éviter que la maladie ne se propage aux villages voisins.
Si la PPR est confirmée, la riposte rapide sera cruciale pour protéger des troupeaux essentiels à la résilience économique des familles rurales de Kiwanja.
Oura KANTE
Malikunafoni




































Commentaires