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Quand le Mali convoque ses traditions ancestrales pour sauver son identité culturelle

  • 19 juin
  • 3 min de lecture

 

« Notre jeunesse est en quête de repères et de références ainsi que d’un réarmement moral. » C’est par ce constat amer que le Général de Division Abdoulaye MAÏGA a ouvert, ce jeudi 18 juin 2026 à Bamako, les Journées nationales du patrimoine culturel. Une édition placée sous le signe de l’urgence, alors que le Mali traverse une crise identitaire sans précédent.

 

Des griots aux « Danbe Kolosibaw », la mémoire vivante du Mali

 

Dans la grande salle du centre culturel, l’ambiance était à la fois solennelle et vibrante. Donsow, korodogow, griots et même sorciers avaient fait le déplacement. Tous réunis autour d’une question fondamentale : comment préserver ce qui fait l’âme du Mali ? Le thème de cette édition 2026 interpelle directement les « Danbe Kolosibaw » – ces gardiens des valeurs traditionnelles – sur leur rôle et leur responsabilité dans la transmission du patrimoine culturel.

 

Le Chef du gouvernement a rappelé que le Mali n’a pas attendu l’ère moderne pour élaborer un système de gouvernance. Dès 1236, l’Assemblée de Kurukanfuga posait les bases d’une société régie par des valeurs fortes : le Maaya, le Danbé, l’amour de la patrie, le courage, la dignité, ou encore le respect de la parole donnée. Un héritage qui a permis pendant des siècles de maintenir la cohésion sociale.

 

La mondialisation et le terrorisme, nouveaux prédateurs culturels

 

Mais aujourd’hui, cet édifice millénaire vacille. Le Premier ministre a pointé du doigt les menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel malien : une mondialisation « sauvage » qui uniformise les sociétés, et des phénomènes terroristes qui détruisent systématiquement les repères identitaires. Résultat : un effondrement moral constaté, une jeunesse désorientée, des valeurs ancestrales qui s’effritent.

 

Face à cette situation, le gouvernement ne compte pas rester les bras croisés. La célébration de ces journées s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique plus large : l’année 2026-2027 a été décrétée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, comme « Année de l’Éducation et de la Culture » au Mali. Un signal fort envoyé à la nation.

 

Le « Triangle du balafon » ou comment les frontières coloniales s’effacent

 

Le Chef du gouvernement a également plaidé pour une approche régionale de la culture. Selon lui, les frontières héritées de la colonisation ne doivent pas être des « points de rupture » mais des « points de suture » entre les peuples. Il a cité l’exemple éloquent du « Triangle du balafon », cette rencontre culturelle qui se tient à Sikasso et réunit des balafonistes de plusieurs pays. Une belle illustration de la manière dont la culture peut transcender les divisions artificielles imposées par l’histoire.

 

Une culture menacée mais pas vaincue

 

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou DAFFÉ, a renchéri en soulignant que ces journées offrent l’occasion de « réaffirmer notre attachement à notre histoire, à nos valeurs et à la richesse de notre diversité ».

 

En présence des membres du gouvernement et de nombreux acteurs du monde culturel, la cérémonie d’ouverture a donné le ton d’une édition placée sous le signe de la résilience. Car comme le rappelle souvent le Chef de l’État : « Le Mali ne renaîtra de ses cendres que lorsque les Maliens retourneront aux sources, aux valeurs ancestrales comme le Maaya, le Danbé. »

 

Un message d’espoir, mais aussi un avertissement. Le temps presse, et la bataille pour la préservation de l’identité culturelle malienne ne fait que commencer.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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