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Présidentielle en Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra vise un troisième mandat sous haute tension

  • 28 juil. 2025
  • 2 min de lecture

 

« Mon engagement est total, ma décision est irrévocable. » Par ces mots, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a officialisé, ce 26 juillet 2025, sa candidature à un troisième mandat à la tête du pays. Une déclaration faite à Bangui lors du congrès de son parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), qui l’a investi sans surprise pour l’échéance présidentielle prévue en décembre prochain.

 

Déjà au pouvoir depuis 2016, le chef de l’État entend s’appuyer sur la nouvelle Constitution adoptée en 2023, qui lui permet de briguer à nouveau la magistrature suprême. Ce texte controversé a supprimé la limitation des mandats présidentiels et étendu leur durée à sept ans, ouvrant ainsi la voie à une prolongation de son pouvoir.

 

Une opposition vent debout contre une réforme jugée opportuniste

 

Si le camp présidentiel affiche sa détermination, l’annonce de Touadéra intervient dans un climat politique tendu. Plusieurs partis d’opposition dénoncent un processus de verrouillage institutionnel, estimant que la révision constitutionnelle a été conduite sans réel consensus national. Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), l’un des principaux regroupements de l’opposition, dénonce une dérive autoritaire et exige un cadre électoral plus inclusif et équitable.

 

Le manque de dialogue entre le pouvoir et ses opposants reste l’un des points d’achoppement majeurs, malgré les nombreux appels lancés par des organisations de la société civile et des partenaires internationaux.

 

Le MCU prépare une campagne musclée

 

Loin de se laisser ébranler, le parti présidentiel se projette déjà vers une victoire sans appel. En marge de l’investiture de Touadéra, le MCU a validé la candidature de près d’une centaine de prétendants aux législatives. Une stratégie qui laisse entrevoir une volonté de contrôle renforcé des institutions, à travers une majorité parlementaire consolidée.

 

Les responsables du parti se montrent confiants. Certains évoquent même une victoire dès le premier tour, balayant les critiques autour de la révision constitutionnelle et des conditions d’organisation du scrutin.

 

Un processus électoral sous étroite surveillance

 

Outre l’élection présidentielle, les Centrafricains sont appelés aux urnes en décembre pour renouveler l’Assemblée nationale et élire leurs représentants municipaux. Ces scrutins, plusieurs fois repoussés, interviennent dans un pays toujours marqué par une instabilité chronique, des tensions sécuritaires récurrentes et une forte défiance envers les institutions.

 

Les précédentes élections, notamment celle de 2020, avaient été entachées de contestations, alimentées par la présence de groupes armés et des allégations de manipulation électorale. Le prochain scrutin s’annonce donc à hauts risques, tant sur le plan politique que sécuritaire.

 

À cinq mois du rendez-vous électoral, la République centrafricaine s’engage dans une séquence décisive pour son avenir démocratique. Reste à savoir si les conditions seront réunies pour un vote apaisé, équitable et crédible.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

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