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« Plus qu’un bras de fer juridique, c’est un combat pour notre dignité économique »Le différend entre le Mali et Barrick Mining ravive le débat sur la souveraineté minière du continent

  • 20 juin 2025
  • 2 min de lecture

« Ce n’est pas qu’un bras de fer juridique, c’est un combat pour notre dignité économique », alerte Harouna Niang, ancien haut cadre de l’administration malienne. Pour lui, l’affaire Loulo-Gounkoto illustre un déséquilibre ancien dans la gestion des ressources africaines, et pourrait marquer le début d’un nouveau modèle minier.

 

Le litige qui oppose l’État malien à la multinationale Barrick Mining autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto est plus qu’un simple contentieux commercial. Pour Harouna Niang, ancien fonctionnaire et observateur averti des politiques économiques nationales, il s’agit d’une opportunité historique pour le Mali d’affirmer sa souveraineté sur ses richesses naturelles.

 

Depuis des années, selon lui, des géants miniers comme Randgold – aujourd’hui intégrée à Barrick – profitent de largesses juridiques et fiscales démesurées : exonérations, dérogations, pratiques d’optimisation fiscale, et surtout, un non-rapatriement systématique des recettes d’exportation, privant l’économie malienne de devises précieuses.

 

Face à ces abus, la décision du gouvernement de placer la mine sous administration provisoire, validée par la justice malienne, est perçue comme un acte légitime et mesuré pour sauvegarder un outil stratégique, éviter les pertes d’emploi et maintenir les recettes publiques.

 

Un précédent pour tout le continent

 

Barrick a saisi le CIRDI pour contester cette décision, mais le Mali peut s’appuyer sur la résolution 1803 des Nations unies, qui consacre le droit des États à contrôler leurs ressources naturelles. D’autant que des négociations avaient été entamées, avec une proposition d’accord à 275 milliards FCFA, avant le retrait unilatéral de l’entreprise.

 

Pour Niang, cette affaire doit ouvrir la voie à une refondation du secteur minier : création d’un fonds souverain, régulation stricte des profits transférés vers l’étranger, révision du Code minier, et implication accrue de l’État dans les projets extractifs.

 

« Le Mali ne rejette pas les investisseurs », conclut-il. « Mais nous ne pouvons plus accepter que notre sous-sol soit vidé sans justice ni bénéfice équitable pour nos populations. »

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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