Nuit de terreur à Bamako : un avocat enlevé chez lui, sa famille crie au scandale
- 5 mai
- 2 min de lecture

« On ne sait pas où il est. On ne sait pas qui l’a pris. On ne sait même pas s'il est encore en vie. » Ces mots, prononcés sous couvert d’anonymat par un proche de Me Mountaga TALL, résument l'angoisse qui étreint depuis trois jours sa famille et ses confrères. Dans la nuit du samedi 2 mai 2026, la vie paisible d'une résidence bamakoise a basculé. Vers des heures tardives, plusieurs hommes armés, le visage dissimulé sous des cagoules, ont fait irruption au domicile du célèbre avocat. Leur objectif : lui-même. Leurs moyens : la force brute.
Une épouse brutalisée, un téléphone confisqué
Selon le récit livré dimanche 3 mai par la famille dans un communiqué, l'opération a été d'une rapidité glaçante. Les assaillants, à bord de véhicules sans plaques d'immatriculation, n'ont laissé aucune trace volontaire. Avant de disparaître avec Me TALL, ils ont violenté son épouse et confisqué son téléphone, coupant ainsi tout moyen immédiat d'alerte ou de localisation.
Mais le plus inquiétant, souligne la famille, reste le silence des autorités. À l'heure où ces lignes sont écrites, aucun juge, aucun commissariat, aucune administration pénitentiaire n'a officiellement reconnu détenir l'avocat. Pas de mandat, pas de charge retenue, pas de droit à un avocat une opacité totale.
Un vide juridique qui fait peur
Pour les proches, ce flou n'a qu'un nom : une privation de liberté hors-la-loi. Le droit malien, comme les conventions internationales, impose qu'une personne arrêtée soit présentée à un magistrat dans un délai raisonnable. Trois jours après les faits, rien. D'où la colère, mesurée mais ferme, exprimée dans le communiqué.
La famille a immédiatement saisi le Bâtonnier de l'Ordre des avocats, qui veille au respect des droits de la défense. Elle a également annoncé la constitution d'une équipe d'avocats nationaux et internationaux. Signe que cette affaire pourrait rapidement dépasser les frontières du Mali.
Quatre exigences claires
Dans un document sobre mais déterminé, les proches de Me TALL formulent quatre demandes :
1. Que toute la lumière soit faite sur son enlèvement.
2. Qu'il soit localisé immédiatement.
3. Que ses droits fondamentaux soient respectés.
4. Que les autorités nationales, régionales et internationales se saisissent du dossier sans délai.
Derrière ces mots, une inquiétude réelle : l'avocat, connu pour ses dossiers sensibles, aurait-il été victime d'une opération extrajudiciaire ? La famille ne l'affirme pas, mais exige des preuves du contraire.
Et maintenant ?
Ce lundi 4 mai 2026, la pression monte. Les confrères de Me TALL pourraient décider d'une action collective. Les organisations de défense des droits humains commencent à s'intéresser au dossier. Et si d'ici 48 heures aucune information officielle ne filtre, l'affaire pourrait être portée devant des instances internationales, comme la Commission africaine des droits de l'homme.
La Rédaction
Malikunafoni




































Commentaires