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Maroc : la menace d’une pénurie d’eau extrême d’ici 2050 alerte sur l’urgence climatique

  • 9 juil. 2025
  • 2 min de lecture

Le royaume fait face à une crise hydrique sans précédent, mettant en péril ses ressources, son agriculture et son modèle de développement.

 

Le Maroc est confronté à une situation alarmante en matière de gestion de l’eau, selon une récente étude du Centre américain de mitigation de la sécheresse, appuyée par des données onusiennes. Si aucune stratégie de rupture n’est adoptée, le pays pourrait basculer dans une pénurie d’eau extrême d’ici 2050, avec des conséquences profondes sur son économie et la vie de ses citoyens.

 

Une sécheresse persistante et des ressources en chute libre

 

Entre 2018 et 2024, le pays a connu six années consécutives d’aridité, un record en durée et en intensité. L’année 2022, particulièrement marquante, a été qualifiée de plus sèche depuis trois décennies. En cause, la baisse continue des précipitations, notamment dans les régions de l’Atlas, couplée à une élévation des températures qui accélère l’évaporation des eaux de surface.

 

Aujourd’hui, le volume d’eau disponible par habitant est estimé à seulement 645 m³ par an, en dessous du seuil critique fixé à 1 000 m³. Si les tendances actuelles se confirment, cette disponibilité pourrait tomber à 500 m³ à l’horizon 2050, ce qui placerait le Maroc dans la catégorie des pays en pénurie hydrique extrême.

 

L’agriculture au bord de l’asphyxie

 

Secteur vital de l’économie marocaine, l’agriculture subit de plein fouet les effets du changement climatique. La production céréalière a chuté de près de 30 %, tandis que les pertes sur les cultures fourragères fragilisent l’élevage. Le cheptel ovin a diminué de plus d’un tiers depuis 2016, aggravant les tensions sur les prix, comme en témoigne la flambée des coûts de la viande avant l’Aïd al-Adha 2023.

 

Pour contenir la crise, le gouvernement a multiplié les mesures d’urgence : soutien prolongé aux importations de blé, levée des taxes douanières sur les animaux vivants et programmes d’aide aux agriculteurs affectés.

 

Des réponses techniques à coût élevé

 

Face à l’assèchement des ressources naturelles, les autorités misent sur des solutions technologiques. L’installation de nouvelles usines de dessalement figure au cœur de la stratégie nationale. Onze stations supplémentaires sont attendues d’ici fin 2025, en plus des unités mobiles déjà déployées. Mais cette solution, énergivore, pèse lourdement sur les finances publiques, d’autant que le Maroc dépend à 90 % des importations pour couvrir ses besoins énergétiques.

 

Parallèlement, des opérations d’ensemencement des nuages ont été intensifiées. Si leurs résultats restent encore modestes, elles auraient permis une légère augmentation des précipitations, particulièrement bénéfique pour certaines zones agricoles.

 

Une équation stratégique à résoudre

 

La trajectoire hydrique du Maroc pose une équation complexe entre urgence climatique, sécurité alimentaire et transition énergétique. Le pays est appelé à repenser en profondeur sa gestion de l’eau, à renforcer l’efficacité de ses systèmes d’irrigation, à moderniser ses usages agricoles, et à diversifier ses sources de production d’eau.

 

Dans un contexte de réchauffement accéléré et de pression démographique croissante, la résilience hydrique devient un enjeu stratégique majeur. Sans action structurelle, le spectre d’une crise durable pourrait compromettre les équilibres économiques et sociaux du royaume.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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