Maroc : Émergence de la seconde main en ligne


Au Maroc, la seconde main est une habitude de consommation très réputée chez la plupart des jeunes férus de friperies. Durant la pandémie, les magasins de fast fashion étant à l’arrêt, l’industrie de textile n’a pas échappé aux retombées de la crise sanitaire. Pourtant aujourd’hui, un an après le confinement, les friperies ou pages en ligne de vêtements et articles de seconde main continuent à être très prisées.

Le marché de la seconde main ou du vintage est en pleine croissance, porté aujourd’hui par la vente en ligne qui apporte une nouvelle vision du commerce. La facilité d’accès aux téléphones portables et à Internet a considérablement fait augmenter la demande des vêtements et accessoires dits «d’occasion». Cet essor a vu l’émergence de nombreuses friperies en ligne, non seulement pour répondre à la demande croissante, mais aussi pour tirer parti de l’efficacité et de l’évolutivité des marchés.

La tendance de la seconde main en ligne

Des mots comme «vintage», «seconde main» et «fripe» s’accompagnent souvent d’une image présumée de vêtements troués, fanés ou sales. Une perception que les réseaux sociaux et certaines friperies ont radicalement changé. Grâce aux réseaux sociaux, les friperies sont plus accessibles que jamais et la seconde main se banalise de plus en plus. Instagram, en l’occurrence, devient la place d'un marché des friperies en ligne.

«Le vintage et la seconde main sont devenus tendance, car ils sont beaucoup moins chers et de meilleure qualité que ce que l’on peut trouver en magasin ou dans les grandes enseignes», nous confie Oumaima Tawfig, fondatrice de la friperie en ligne Vinty Maroc.

Il existe une tendance croissante à transformer la consommation du neuf par de la réutilisation. En effet, la seconde main est de plus en plus appréciée par les jeunes. «Depuis quelques mois, je préfère les friperies en ligne pour acheter des vêtements de seconde main plutôt que d’aller dans les grandes enseignes», explique Chaimaa, une étudiante de 23 ans. «En général, ce sont des vêtements assez vintages qui reviennent à la mode et qui sont beaucoup plus résistants que ceux de fast fashion», poursuit-elle.

Pour certains, c’est un moyen efficace de se procurer des vêtements de bonne qualité à des prix inférieurs à ceux disponibles dans des grandes enseignes. Selon Chaimaa, «l’avantage est qu’on peut s’acheter de vraies pièces comme des manteaux, des vestes, des sacs ou de bons jeans pas chers, mais aussi des vraies marques de luxe à moindre coût. À long terme, c’est très économique puisque les vêtements durent plus longtemps et qu’ils peuvent être revendus».

Accéder aux produits de très bonne qualité pour un prix inférieur à l’achat du neuf, c’est la promesse faite par les friperies. L’argument principal est en effet la résidence des produits en vente. «Je propose des jeans 100% coton, des vestes 100% cuir, des vêtements en soie, en laine ou en cachemire à petits prix, ce qui n’est pas le cas dans les grands magasins», explique Oumaima Tawfig. «J’encourage surtout les gens à consommer de la seconde main pour la qualité et la durabilité des vêtements», déclare-t-elle.

Des actions économiques et écologiques

Les nouvelles générations semblent être plus conscientes des enjeux environnementaux, sociaux et économiques. À ce titre, elles attendent des marques de principes plus éthiques et durables dans leurs processus de production. Selon la fondatrice de la friperie en ligne Vinty, «notre génération est de plus en plus consciente du sort de l’environnement et du rapport qualité prix et veut aussi une planète plus propre».

De plus, ce goût pour le vintage débouche aussi sur un monde plus durable et plus écologique. Certains jeunes consommateurs sont de plus en plus conscients des effets néfastes de la «fast fashion», considérée comme l’une des industries les plus polluantes au monde.

En effet, les vêtements vintages ou de seconde main réduisent considérablement l’impact environnemental des niveaux de CO2, généralement libérés lors de la production de vêtements neufs, tels que l’eau, les produits chimiques, les engrais et les pesticides. En outre, elle prolonge d’un ou deux ans la durée de vie de vêtements. Le recyclage ou le surcyclage des vêtements est une voie de diminution du gaspillage vestimentaire, limitation la pollution textile et favorisation l’économie circulaire.

Dans l’effervescence de ce marché qui grossit depuis plus d’un an, les chineurs indépendants devront trouver de bonnes stratégies pour se démarquer.

Source : Yaaladi par Emma Labescat