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Mali : la viande rouge se dote d’un label national pour booster sa compétitivité

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« Plus de 30 % de la population rurale vit directement de l’élevage. Ce secteur contribue à près de 19 % au PIB national », a rappelé le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, en lançant mercredi 27 août 2025 le label officiel de la viande rouge du Mali, baptisé « Mali Sogo ».

 

La cérémonie, tenue à Bamako en présence du président de l’Interprofession bétail-viande, Mahamadou Diallo, a marqué l’aboutis »ement d’un processus entamé il y a deux ans, soutenu par le projet PACAO-Mali et validé par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Désormais, les éleveurs et acteurs de la filière disposent d’une marque collective leur garantissant traçabilité, visibilité et accès aux marchés régionaux et internationaux.

 

Un long chemin vers la reconnaissance

 

Avant d’obtenir ce certificat d’enregistrement, plusieurs étapes ont été franchies : étude de faisabilité, campagnes de sensibilisation dans les régions, création d’un logo et dépôt de dossier auprès de l’OAPI. Pour Mahamadou Diallo, cette reconnaissance officielle représente « le couronnement d’un travail collectif » et un pas décisif vers la professionnalisation du secteur.

 

Un levier pour l’économie et la sécurité alimentaire

 

Le ministre Youba Ba a insisté sur la dimension stratégique de cette initiative. Au-delà de la valorisation de la viande rouge, il s’agit d’aligner la production malienne sur les standards internationaux, afin d’améliorer la sécurité alimentaire, de réduire la pauvreté en zone rurale et de renforcer l’entrepreneuriat des jeunes. Le label doit aussi permettre d’accroître les exportations vers des marchés porteurs comme le Sénégal ou le Maghreb.

 

Des défis persistants

 

Malgré cette avancée, les défis restent nombreux : améliorer la productivité du cheptel, garantir la qualité sanitaire de la viande, développer les infrastructures d’abattage modernes et assurer un meilleur accès des consommateurs maliens à une viande de qualité. La compétitivité sur le marché sous-régional dépendra aussi de la modernisation des circuits de commercialisation et de la professionnalisation des acteurs.

 

Des perspectives ambitieuses

 

Le département de l’Élevage prévoit une série de chantiers : construction d’abattoirs modernes, développement de l’embouche bovine et ovine, amélioration génétique du bétail, réhabilitation de périmètres pastoraux et promotion de l’exportation de viande transformée. Une initiative comparable à la stratégie nationale pour le riz, mais appliquée cette fois au secteur bétail-viande.

 

La santé animale au cœur des priorités

 

En marge de la cérémonie, deux ouvrages techniques ont été remis au ministre. L’un porte sur la production avicole et l’autre sur l’alimentation animale. Ces outils pédagogiques, destinés aux éleveurs et aux écoles agropastorales, visent à renforcer les compétences des acteurs et à améliorer la qualité des productions animales.

 

Avec « Mali Sogo », le Mali franchit une étape importante vers la valorisation de ses ressources animales. Mais le succès du label dépendra désormais de la capacité des acteurs à transformer cette reconnaissance en véritable moteur de croissance, de création d’emplois et d’exportations.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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