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Mali : Désinformation et discours de haine, une menace silencieuse pour la cohésion sociale

  • 30 juin 2025
  • 2 min de lecture

« Même si Bamako est souvent ciblée, aucune région n’est épargnée. Une rumeur peut parcourir tout le pays en quelques minutes », alerte Habibabou Saliou Dicko, responsable du projet INUCOS.

 

Dans un contexte de crise sécuritaire et sociale persistante, la prolifération des fausses informations sur les réseaux sociaux devient un véritable risque national. Qu’elles soient d’ordre politique, communautaire ou religieux, ces rumeurs déchaînent les passions et fragilisent davantage un tissu social déjà mis à rude épreuve.

 

Selon les dernières données de DataReportal, plus de 7,8 millions de Maliens utilisent Internet, dont 2,15 millions actifs sur les réseaux sociaux. Une aubaine pour les auteurs de désinformation, souvent relayés par des jeunes peu formés aux réflexes de vérification. Une enquête du RJFC-Mali révèle que près de la moitié des jeunes partagent du contenu sans en vérifier l’origine, accentuant les risques de violences.

 

Les témoignages recueillis sur le terrain sont glaçants. À Kabala, un jeune homme a été violemment lynché à cause d’une fausse accusation diffusée en ligne. À Tenenkou, une fausse alerte d’attaque terroriste a semé la panique sur un marché, blessant plusieurs personnes âgées.

 

Pour répondre à cette menace, des initiatives citoyennes se multiplient. L’ONG Search for Common Ground, avec son projet « Tabalé Kounkan », a formé une centaine de jeunes « cyber-gardiens » chargés de repérer et désamorcer les rumeurs. Awa Doumbia, animatrice et cyber-gardienne, se félicite de leur impact : « Nous avons empêché plusieurs fausses nouvelles de prendre de l’ampleur. Notre rôle est crucial dans les zones à tension. »

 

Le combat pour la vérité ne concerne pas que les ONG. Sociologues, journalistes, enseignants et leaders religieux appellent à un sursaut collectif. Des plateformes comme BenbereCheck, WuYA ou FasoCheck s’efforcent de rétablir les faits, mais l’enjeu reste colossal face au manque d’éducation aux médias.

 

Dans ce contexte, la vérité devient un choix citoyen, une forme d’engagement au service de la paix. Car au Mali, chaque mot mal utilisé peut coûter cher. Et chaque message bien vérifié peut éviter un drame.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

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