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Mali : 39 forêts classées « zones d’accès interdit » aux civils dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko »

  • il y a 1 heure
  • 2 min de lecture

 

Le gouvernement malien a signé fin mai 2026 un arrêté interministériel créant des zones militaires d’accès strictement interdit à la population civile. Ces espaces, situés dans plusieurs régions, visent à priver les groupes armés terroristes de leurs refuges forestiers.

 

« Traiter systématiquement toutes les cibles se trouvant dans lesdites zones. » Cette phrase, extraite d’un nouvel arrêté interministériel publié le 2 juin 2026, résume la fermeté de l’approche militaire malienne. Dans le cadre de l’opération « Dougoukoloko », les autorités ont officiellement interdit l’accès à 39 forêts et espaces naturels répartis sur plusieurs régions du pays.

 

Parmi ces zones figurent des massifs forestiers comme ceux de Kékoro (Bougouni), Farako (Sikasso), ou encore les monts Manding (Faraba). S’y ajoutent des forêts déjà connues dans des arrêtés précédents, comme celles de la Boucle du Baoulé, de Falémé ou de Zangasso. L’objectif est clair : empêcher les civils de pénétrer dans ces périmètres désormais considérés comme des « zones d’intérêt militaire à accès interdit ».

 

Un changement important par rapport à l’arrêté qu’il remplace (n°2023-4794/MDAC-SG du 29 décembre 2023) : le nouveau texte ne parle plus simplement d’« accès limité », mais d’« accès interdit ». La nuance est de taille. Seules les forces armées et de sécurité, les douaniers et les agents des Eaux et Forêts peuvent y entrer, et uniquement sur ordre direct du chef d’État-major général des Armées.

 

Concrètement, l’état-major se donne le droit de traiter « systématiquement » toute cible repérée dans ces secteurs. L’arrêté précise que ces forêts sont considérées comme des refuges potentiels pour les groupes armés terroristes. En les vidant de toute présence civile, les militaires espèrent simplifier leurs opérations et réduire les risques de dommages collatéraux.

 

Signé par plusieurs ministres – dont ceux de la Défense, de la Justice, de l’Administration territoriale et des Transports –, ce texte est entré en vigueur immédiatement. Il abroge les dispositions précédentes et a été transmis aux gouverneurs de région, aux chefs d’état-major et aux services concernés.

 

Pour les populations vivant à proximité de ces forêts, cette mesure pourrait bouleverser leurs habitudes : accès aux ressources forestières, routes de passage, ou simplement présence dans des espaces autrefois fréquentés. Le gouvernement n’a pas précisé, dans l’arrêté, de mesures d’accompagnement ou de compensation.

 

Reste une question pratique : comment contrôler efficacement l’accès à des dizaines de zones forestières souvent vastes et difficiles d’accès ? La réponse dépendra des moyens déployés par l’armée et les autres services autorisés. En attendant, l’opération « Dougoukoloko » – dont le décret d’institution date du 25 avril 2025 – franchit une nouvelle étape dans sa montée en puissance.

 

La Rédaction

Malikunafoni

 

 

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