Lutte contre les trafics de matières dangereuses : les douanes maliennes en première ligne
- 30 juil. 2025
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Les récentes saisies opérées par les services douaniers à travers le pays témoignent d’une intensification inquiétante des trafics de produits hautement dangereux. Explosifs, détonateurs, mercure, voire même cocaïne : les agents de la Douane malienne déploient des efforts soutenus pour neutraliser une menace invisible mais bien réelle, qui pèse à la fois sur la sécurité intérieure et sur la stabilité régionale.
Ce lundi, deux opérations d’envergure ont été menées simultanément. La première, en plein cœur de Bamako, a permis à la Section Recherches et Intervention (SRI) de découvrir 202 colis d’explosifs soigneusement dissimulés. La seconde, à Hérémakono, point de passage stratégique à la frontière, a conduit à l’interception de 297 bâtonnets d’explosifs à base de nitrate d’ammonium ainsi que deux bonbonnes de mercure, pour un poids total de 72 kilogrammes. Des matériaux fréquemment utilisés dans la fabrication d’engins explosifs improvisés (EEI), qui ont déjà coûté la vie à de nombreux soldats et civils.
Un fléau latent qui prend de l’ampleur
Ces saisies ne sont pas isolées. Elles s’ajoutent à une série d’opérations menées récemment par la Direction du Renseignement et de la Lutte contre la Fraude (DRLF), qui a notamment mis la main sur près de 16 000 unités d’explosifs prêtes à l’emploi. À cela s’ajoutent les découvertes de la Brigade Mobile d’Intervention (BMI) à Bamako, qui a neutralisé des colis contenant 165 bâtons d’explosifs, 825 détonateurs, 49 rouleaux de cordon détonant et 9 bonbonnes de mercure.
Les postes frontaliers de Diboli et Hérémakono, identifiés comme points sensibles, sont régulièrement le théâtre de tentatives d’introduction de substances explosives et chimiques, destinées à des usages manifestement criminels. Grâce à un maillage sécuritaire renforcé, basé sur le renseignement et la coordination des unités spécialisées, plusieurs cargaisons ont pu être interceptées à temps.
Une vigilance nécessaire face à une menace évolutive
Ces résultats, bien que rassurants, soulèvent également des préoccupations. La circulation de ces matières dangereuses, dans un contexte marqué par la multiplication des menaces asymétriques, met en évidence l’existence de réseaux organisés capables d’agir sur plusieurs fronts. Si certains pourraient tenter de justifier la présence accrue d’explosifs et de mercure par les besoins des sociétés minières, les autorités rappellent que toutes les importations dans ce secteur sont strictement encadrées. En conséquence, les cargaisons interceptées ne peuvent être que le fruit d’opérations illégales à visée déstabilisatrice.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà du simple fait divers, ces saisies doivent être interprétées comme un signal d’alarme. Elles révèlent la nécessité pour l’ensemble des acteurs – autorités, forces de sécurité, population – de faire bloc contre ces trafics mortifères. Car chaque colis intercepté est peut-être un drame évité, une attaque déjouée, une vie épargnée.
En cette période de résilience nationale, les douanes maliennes se positionnent comme un rempart discret mais décisif. Et face à une menace aussi grave, la mobilisation de tous est désormais indispensable.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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