Fonction publique : Assimi Goïta exige des mesures fermes contre les fonctionnaires fictifs
- 26 août 2025
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« Il n’y aura pas de complaisance », a confié un proche du dossier après l’audience tenue lundi 25 août au Palais de Koulouba. Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a réuni autour de lui le Premier ministre Abdoulaye Maïga et plusieurs ministres stratégiques pour trancher sur un sujet sensible : la gestion des ressources humaines dans la fonction publique et les collectivités.
Cette rencontre intervient à peine dix jours après la remise officielle du rapport du Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH), un outil censé moderniser et assainir la gestion des agents de l’État. Le document a mis en lumière une anomalie inquiétante : plus de 36 000 agents absents des contrôles, soit 4,57 % de la masse salariale nationale. En clair, l’équivalent de 48,28 milliards de FCFA par an s’évapore dans les caisses de l’État à cause de fonctionnaires qualifiés de « fictifs ».
Conscient de l’ampleur du scandale, le Chef de l’État a ordonné la mise en œuvre rapide d’un dispositif de suivi des recommandations. Le Premier ministre, qui a pris la parole à l’issue de l’audience, a confirmé que de nouvelles instructions ont été données pour accélérer l’assainissement. « Au-delà du délai de trois mois déjà annoncé pour identifier les agents concernés, d’autres mesures complémentaires seront rendues publiques très prochainement », a-t-il déclaré.
Cette volonté affichée s’inscrit dans un contexte où le gouvernement malien est régulièrement critiqué pour l’opacité de la gestion de sa masse salariale. La question des « fonctionnaires fantômes » n’est pas nouvelle : elle revient de manière cyclique dans les rapports d’audit, sans que des sanctions durables ne soient appliquées. Cette fois-ci, Bamako semble vouloir passer à l’action.
En recevant son chef du gouvernement ainsi que les ministres de la Refondation de l’État, de l’Économie et des Finances, et du Travail et de la Fonction publique, Assimi Goïta a voulu envoyer un signal clair : la lutte contre les dérives dans la fonction publique est désormais une priorité de la Transition. Reste à savoir si ce chantier délicat, qui touche des réseaux d’influence parfois puissants, pourra être mené jusqu’au bout.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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