Fête du Trône au Maroc : entre rigueur protocolaire et silences éloquents
- 23 juil. 2025
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Alors que le Maroc s’apprête à célébrer le 26ᵉ anniversaire de l’accession au trône du roi Mohammed VI, une question persiste dans l’ombre des festivités : qui sera visible à ses côtés lors de cette journée hautement symbolique ? À M’diq, le 30 juillet prochain, les projecteurs seront braqués sur la mise en scène d’un pouvoir monarchique soigneusement orchestré. Mais deux absences notables retiennent déjà l’attention : celle de Lalla Salma, ex-épouse du roi, et celle de Brigitte Macron, Première dame de France.
Le poids du code vestimentaire dans l’image royale
Au Maroc, les célébrations royales ne laissent que peu de place à l’improvisation. Le protocole y est strict, particulièrement en ce qui concerne la tenue vestimentaire. Le ministère de la Maison royale fixe des règles précises : tenues traditionnelles pour les Marocains, costumes sombres et robes longues pour les invités étrangers. Tout écart est perçu comme un manquement à l’étiquette monarchique.
Dans ce contexte, les styles vestimentaires affirmés de Lalla Salma et de Brigitte Macron, modernes et souvent éloignés des normes imposées par le Palais, semblent difficilement compatibles avec les exigences de la cérémonie. Loin d’être un simple détail, la question de l’apparence prend ici une dimension politique et symbolique, traduisant une conception rigide de l’ordre et de la loyauté à la monarchie.
Deux figures féminines en marge du cérémonial
Lalla Salma, qui n’apparaît plus lors des cérémonies officielles depuis plusieurs années, n’a jamais fait l’objet d’un communiqué officiel sur sa mise à l’écart. Pourtant, ses rares apparitions publiques à l’étranger révèlent une femme libre, moderne, qui s’exprime aussi par son habillement. De son côté, Brigitte Macron incarne, elle aussi, une féminité contemporaine à travers des choix vestimentaires élégants mais éloignés des conventions imposées par les monarchies conservatrices.
Leur absence, bien qu’aucune interdiction ne soit formellement prononcée, semble ainsi s’inscrire dans une logique implicite de contrôle de l’image royale. Dans une monarchie où chaque geste, chaque posture, chaque apparence participe à la construction d’un récit national, celles qui ne s’alignent pas sur les codes établis sont tenues à l’écart.
Une image du roi recentrée et sans contrepoint
À travers l’organisation de cette Fête du Trône, c’est l’image d’un roi seul au centre de l’attention qui se confirme. Ni Première dame, ni figure féminine d’envergure à ses côtés : le message est clair. Le cérémonial s’articule désormais autour de la personne royale, dans une configuration où les représentations féminines, pourtant autrefois valorisées, semblent reléguées au second plan.
Ce recentrage visuel sur le souverain, accompagné d’un retour assumé à la tradition, renforce une vision hiérarchisée de la société, dans laquelle la modernité individuelle, surtout lorsqu’elle est portée par des femmes, n’a guère sa place dans l’espace public cérémoniel.
Quand le style devient enjeu de pouvoir
Au-delà des apparences, c’est la gestion du symbolique qui se joue. Dans une monarchie où le moindre détail participe à l’autorité du trône, la tenue vestimentaire devient un vecteur de conformité. Refuser d’en épouser les codes, c’est s’exposer à l’effacement.
Lalla Salma et Brigitte Macron apparaissent ainsi, chacune à leur manière, comme les reflets d’un modèle qui s’écarte de la norme imposée. En leur absence, ce n’est pas simplement un fauteuil vide qu’on observe, mais le rappel discret mais puissant d’un pouvoir qui se veut vertical, maîtrisé et sans ombre portée.
Tant que l’image officielle ne tolérera pas la pluralité dans l’apparence et l’expression féminine, leur absence demeurera un signal, silencieux mais éloquent, de la tension persistante entre modernité sociale et tradition monarchique.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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