Fête de l'indépendance 2021, Un autre rendez-vous manqué pour Sana


Les populations de la commune de Sana, cercle de Ké-Macina, région de Ségou, viennent de manquer une fois de plus leur grand rendez-vous patriotique et culturel annuel pour raison de terrorisme. Il s'agit de la célébration du 22 septembre 2021.


S'il y a un évènement auquel les populations des zones rurales et en particulier celles de la commune de Sana, cercle de Ké-Macina, région de Ségou, tiennent le plus, c'est bien la célébration de la fête anniversaire de l'indépendance du pays. C'est-à-dire le 22 septembre. C'est un grand rendez-vous culturel durant lequel elles expriment leur savoir-faire en matière culturelle (danses, chansons, courses etc..) et expriment leur attachement à la mère patrie. Malheureusement, les ennemis de la paix et du vivre ensemble sont en train de gagner de plus en plus leur pari de privation de ces populations de ce bonheur. Ils sont à l'origine de l'annulation de la célébration du 22 septembre 2021 dans la commune rurale de Sana. Selon les informations reçues auprès d'un responsable administratif de Saye, les populations tenaient à fêter le 22 septembre cette année. Des dispositions avaient même été prises en amont pour concrétiser ce rêve. La célébration de la fête d'anniversaire de l'indépendance de cette année allait être couplée avec celle de l'inauguration du nouveau centre des jeunes de Saye, construit par l’Eucap Sahel qui est une mission civile de l’Union européenne, avec son QG à Bamako, et une unité mobile à Sévaré.


Mais la présence d'éléments terroristes dans la zone de Payaka, un des 27 villages de la commune rurale de Sana, a fait germer la crainte d'attaques de ces hors-la-loi. La crainte s’est accrue, selon notre source, lorsque les terroristes ont envoyé des émissaires (au nombre 6 sur deux motos), pour aller discuter avec la population de Payaka. Le but de cet échange était de faire part, selon nos informations, à la population de leur présence dans les environs et obtenir un accord de non-agression.


« Ils ont dit à la population qu'ils n'ont rien à craindre d'eux. Ils disent que ni les chasseurs ni les populations civiles ne sont leurs ennemis, leurs cibles. Que leurs seuls ennemis sont les agents de l'Etat et les forces de l'ordre. Lorsqu'ils ont dit ça, en réponse, les populations aussi ont demandé ce qu'ils feront après s'ils arriveront à faire partir l'Etat et ses agents. Ils n'ont pas pu répondre à cette question », nous a confessé notre source.


Face à cette situation, les autorités locales, par peur de représailles, ont décidé en toute unanimité de surseoir une fois de plus à la célébration de la fête d'indépendance.


Mais cette décision n'est pas perçue de la même manière par tout le monde. Selon un responsable politique, ressortissant de Ké-Macina, à cause de la seule présence du plus grand camp militaire à Saye, chef-lieu de la commune, les autorités de Saye ne devraient pas céder à cette intimidation des djihadistes. Ce camp a une fois été attaqué par les forces du mal. L’armée a violement riposté face à cette attaque, faisant enregistrer d’énormes pertes dans le rang des agresseurs.


Selon notre source, le retour massif de ces éléments terroristes dans la commune de Sana et environs s’explique par la crue (montée de l’eau) du fleuve du Djenné, entrainant l’inondation de leurs bases dans les forêts. Pour fuir cette inondation, ils sont en train de se replier dans la commune de Sana et environs, craignant un risque de retour des hostilités entre les terroristes et les groupes d’autodéfense.


Il faut rappeler que la présence des djihadistes dans cette zone depuis les années 2015-2016 s’explique aussi par leur proximité avec certaines localités de la région de Mopti, dont Diafarabé, Mougna, Djenné, etc. ; réputées être des nids de terroristes.


Les affrontements étaient réguliers entre dozos et « djihadistes ». Grâce à un accord de cessez-le-feu signé entre communautés en 2019 à Ké-Macina, l’accalmie était de retour dans la zone.


Mais depuis quelques mois, les signes d’une reprise des hostilités se font de plus en plus sentir avec le retour massif des terroristes dans la zone. Les populations sont en alerte maximum et les autorités de la transition sont interpelées pour aller les déloger pendant qu’il est encore temps.


En plus de l’aspect sécuritaire justifiant l’annulation de la célébration du 22 septembre, il y aussi des raisons financières, selon d’autres sources.


« Cela fait plus de 4 ans que la mairie ne fait pas d’entrée dans la caisse de l’Etat, car les populations ne payent plus d’impôts. Nous n’avons pas d’argent dans la caisse», nous révélé une source proche de la mairie de Sana.


Affaire à suivre !


2 vues0 commentaire
corona080_ensemble.jpg