Dégradation de la situation sécuritaire : La Transition n’a-t-elle pas un bilan plus sombre ?


Parmi les griefs faits à l’encontre du régime IBK pour expliquer sa chute, l’on évoquait son incapacité à faire face à la crise sécuritaire. Aujourd’hui, avec un peu de recul, l’on est tenté d’affirmer que le pouvoir de transition ne fait pas mieux, chaque semaine avec son lot d’attaques et de morts…

Le pouvoir IBK avait été sérieusement secoué par les drames d’Ogossagou, de Sobane-Da, d’Indelimane, de Boni, etc, avec son cortège de morts et de désolation. Les terroristes ayant frappé à plusieurs reprises dans ces localités, brûlant et détruisant tout sur leur passage. Et IBK, en chef suprême des armées, avait longuement tapé du poing sur la table en apportant des changements dans la chaîne de commandement militaire, mais sans grand effet. Le ver du terrorisme avait déjà fait de trop grands dégâts dans le fruit. Le régime en sera sérieusement affaibli au point de susciter les bruyantes contestations de rue qui lui asséné le coup fatal du 18 août 2020.

A l’avènement de la Transition conduite par les colonels Assimi Goïta, Sadio Camara et autres Modibo Koné, l’on avait pensé qu’avec ces officiers réputés les plus aguerris du commandement opérationnel des FAMA, les hordes terroristes devraient subir de lourds revers. Les observateurs avaient tablé sur un net recul des attaques terroristes. Mais l’on se rend compte, après plus d’un an, que la montage d’espoir suscité par l’arrivée des colonels putschistes a accouché d’une petite souris maigrichonne !

En effet, les colonels Assimi Goïta et Sadio Camara ne semblent pas avoir apporté un changement positif significatif dans la présence des troupes militaires et sur leur force de frappe sur le terrain. Sinon, après plus d’un an du régime militaire de transition, quelles sont les localités du territoire qui sont aujourd’hui revenues sous le contrôle de l’Etat malien ? Quels sont les camps et garnisons du pays qui sont aujourd’hui plus aguerris face aux terroristes que sous le régime déchu d’IBK ? Quelles sont les zones infestées par le péril terroristes qui sont aujourd’hui débarrassées de la peur et où les populations déplacées sont revenues ? L’on peine à donner des réponses précises à ces questions.

Au contraire, l’on est tenté de dire que la zone d’influence des terroristes s’est étendue à la région de Ségou, de Sikasso, de Koulikoro, comme elle ne l’a été sous l’ancien régime. Que Dire des attaques fréquentes de groupes terroristes dans le cercle de Niono, Diabaly, de Nara, des encablures de Banamba ? Quid des vases espaces occupés par des groupes extrémistes violents qui tuent et pillent dans le centre du pays, notamment dans les cercles de Djenné, Koro, Bandiagara, Bankass, Douentza, etc ? Comment comprendre que le gouvernement ne cesse de gloser sur l’acquisition d’équipements militaires, dont des aéronefs mais que le pays ne cesse d’enregistrer de nombreuses pertes avec des bilans des plus lourds alors que nos militaires sont pourtant aux commandes du pays ? N’est-il pas temps de revoir les mécanismes mêmes de lutte contre le phénomène terroriste dans le Sahel en général et au Mali en particulier ? Rien n’est moins sûr, tant le tout sécuritaire ne saurait être la réponse appropriée au péril terroriste ? Qu’a entrepris le pouvoir de Transition au plan socio-économique pour freiner le recrutement des jeunes désœuvrés par les groupes extrémistes ? Quelles structures de lutte contre le chômage, de sensibilisation sur la paix sociale et les valeurs religieuses nos autorités de transition ont-elles pu créer depuis août 2020 ? Presque rien ! C’est n cela que des voix s’élèvent pour dire que le bilan de la Transition par rapport à la crise sécuritaire est mitigé et l’on a l’impression que le Colonel Assimi Goïta semble faire du surplace. Et c’est ce qui semble donner un écho favorable aux récriminations hostiles à la prolongation de la Transition. Comme pour dire que même avec une rallonge de ce pouvoir d’exception, rien n’indique qu’il aura prise sur la crise sécuritaire qui endeuille le pays. Une lecture qui est loin d’être une vue de l’esprit. Car, comme le dit bien l’adage, c’est depuis le matin qu’on reconnaît la journée qui sera bonne !


Source: Boubou SIDIBE/maliweb.net

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