Corruption, refondation de l’Etat, ouge…La position du colonel Goïta


Le Mali a célébré le mercredi dernier son indépendance. A cette occasion, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, s’est adressé aux Maliens à la veille de la fête. Dans son adresse, il a évoqué les questions brûlantes de l’heure, à savoir : la corruption, l’organe unique de gestion des élections et les assises nationales de la refondation de l’Etat.

Pour le chef de l’Etat, la soif de justice du peuple malien est bien compréhensible car s’appuyant sur des faits évidents de corruption, de délinquance financière et d’impunité qui ne font que renforcer le malaise et le ressentiment des populations qui sont en réalité les premières victimes de ce système destructeur.

« Fort heureusement, des mesures vigoureuses viennent d’être prises dans ce sens. Une preuve supplémentaire, s’il en était besoin, du principe de séparation des pouvoirs qui garantit à la Justice la plénitude de son exercice », a-t-il déclaré.

A l’en croire, une vaste campagne d’audit des services publics est actuellement en cours par les soins des différentes structures de contrôle et de lutte contre la corruption et la délinquance financière. Ces mesures sont tout aussi valables pour les départements de la Défense et de la Sécurité dont les lois d’orientation et de programmation sont déjà en cours d’audit.

« A travers cette lutte, nous rassurons le peuple malien que ses attentes seront comblées car aucun privilège ne sera accordé aux personnes impliquées. Au demeurant, pour éviter tout excès, j’en appelle au respect des principes sacro-saints de la procédure judiciaire afin que nul ne se méprenne sur la noblesse de notre engagement », a menacé le colonel Assimi Goïta.

la question de la justice s’ajoute celle de la refondation même de l’Etat qui se pose avec acuité, selon lui. Malgré les soixante années d’indépendance dont la moitié sous le système démocratique, l’Etat du Mali est confronté à des maux que les citoyens ne cessent de décrier.

Il s’agit entre autres du manque de vision politique, du non-respect des textes, des dysfonctionnements institutionnels remarquables et de la répartition inégale des richesses nationales.

« C’est pourquoi aujourd’hui, plus que jamais, se pose la nécessité d’entreprendre des actions courageuses pour un nouveau Mali. D’où la tenue très prochaine des Assises nationales de la refondation qui regrouperont toutes les forces vives de la nation. Une belle occasion en perspective pour discuter de l’ensemble des préoccupations nationales afin d’impulser une vraie dynamique de changement », pense le président de la transition.

Un autre grand chantier demeure l’organisation des élections générales, la tenue de la révision ordinaire des listes électorales, la réorganisation territoriale et le retour de l’administration sur toute l’étendue du territoire.

« Dans une dynamique de recherche de solutions adaptées tendant à éviter les crises et contestations répétitives liées au déroulement des élections dans notre pays, le Gouvernement entend expérimenter l’Organe unique de gestion des élections. En remplacement des méthodes précédentes, cet organe aura l’avantage de rendre plus transparent et fiable, le processus électoral », a clarifié le colonel Goïta.

Le chef suprême des armées n’a pas oublié d’inviter nos partenaires à une meilleure lecture de la situation du Mali, marquée par une crise multidimensionnelle profonde.

« J’adresse mes remerciements à toutes les forces internationales présentes au Mali et qui participent à l’effort de sécurisation de notre pays. Cependant, leur engagement à nos côtés doit, de toute évidence, contribuer à la résolution durable des problématiques sécuritaires et servir de déclic pour notre résilience. C’est à ce seul prix que l’assistance internationale aura tout son sens », a-t-il lancé.


Adama DAO

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