Coopération militaire Mali – France : La camisole de force désormais déchirée


Les multiples actions de provocation par le survol non autorisé d’une grande partie du territoire malien, notamment les zones abritant des installations militaires des Forces Armées Maliennes (FAMa) par des aéronefs et de drones de surveillance de l’Aviation militaire française ont finalement eu raison des nerfs des Autorités de la Transition. Qui ont décidé sans ménagement de dénoncer de façon claire le Traité de défense qui liait le Mali à la France.

Dans une note verbale n°00227/2022/MAECI/SG du 02 mai 2022, frappée du seau de confidentialité, signé du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, adressée à l’Ambassade de France au Mali, le gouvernement du Mali, tout en lui adressant ses compliments, notifie au gouvernement français sa décision de dénoncer le Traité de coopération en matière de défense, signé à Bamako le 16 juillet 2014, conformément aux dispositions de son article 26 aliéna 4. Cette décision prend effet dès la réception de la présente note. La note revient sur les échanges de lettres des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français, applicable à la Force Barkhane et le protocole additionnel sous forme d’échange de lettres des 6 et 10 mars 2020 déterminant le statut des détachements non français de la Force « Takuba », conformément à la Convention de Vienne sur le droits des traités de 1969, dont les articles pertinents prévoient les modalités de dénonciation d’un accord, lorsque celles-ci ne sont pas déterminées expressément (Article 56) ou en cas de violation manifeste de l’accord par l’une des parties, permettant à l’autre partie de le dénoncer (article 60).

Il ressort du communiqué que la décision du gouvernement est motivée par la non compatibilité de certaines dispositions desdits accords avec la souveraineté du Mali et le manque de clarification des responsabilités des deux parties. Elle se justifie également par les actes unilatéraux majeurs posés récemment par la partie française dans le cadre desdits Accords ainsi que les multiples violations de l’espace aérien malien opérées par des aéronefs militaires français, au mépris de l’esprit du Traité de coopération en matière de défense et des accords subséquents susmentionnés.