Coopération militaire : Berlin pose une condition, Bamako insiste sur le respect de ses choix


C’était mercredi 13 avril dernier, lors sa rencontre avec son homologue malien, à Koulouba.

« Le Sahel et Mali ne peuvent être stables que si les élections ne sont pas constamment reportées. Et surtout si on ne collabore pas avec des Russes en ce qui concerne la situation sécuritaire », affirme la ministre des Affaires étrangère allemande à sa sortie d’audience.

« La mission de l’Eutm ne peut pas continuer dans ces conditions. C’est pourquoi à Bruxelles nous avons décidé que nous ne pouvons pas poursuivre la partie malienne de la mission dans ces conditions. Et nous allons la geler », a-t-elle prévenu.

Et de poursuivre: «Nous ne pouvons pas coopérer tant qu’il n’y a pas de démarcation avec les Russes. Ce n’est pas le cas, c’est pourquoi nous pouvons pas poursuivre la mission au Mali».

«Nous avons besoin d’engagement clair pour les élections afin de mettre en place la coopération future. La Cedeao prépare déjà une feuille de route et nous allons discuter ensemble de manière à ce qu’elle soit rapidement mise en place. Pour les élections, il ne suffit pas de présenter une feuille de route pour faire des réformes, il faut aussi avancer dans les réformes. Ce va aussi dans la lutte contre la corruption et la lutte contre l’impunité», a conclu la cheffe de la diplomatie allemande.

De son côté, son homologue malien, Abdoulaye Diop, a une fois de plus nier le fait d’avoir fait appel à des mercenaires russes. Selon lui, avant de prendre position, il faut venir sur le terrain, et dialoguer avec les acteurs afin de connaître et comprendre d’abord la situation.

« Nous ne cessons pas de saluer l’Allemagne qui a été le premier pays à reconnaître l’indépendance de notre pays. Un pays avec lequel nous avons toujours entretenu une relation spéciale, qui touche à plusieurs secteurs comme la sécurité, le développement économique, entre autres. Nous tenons à saluer l’engagement de l’Allemagne au niveau de l’Eutm, de la Minusma et de façon générale», a-t-il dit.

«Le Mali n’abrite pas de société sécurité privée comme cela est allégué ici et là. Nous avons une coopération d’Etat à Etat avec la Russie, qui est une coopération à long terme», a-t-il insisté.

« Le Mali est un pays qui se bat pour sa survie, c’est un pays qui cherche à s’affirmer pour pouvoir assurer sa sécurité et installer un processus démocratique ici. Ce qui se passe au niveau du Mali, nous avons un problème de sécurité qui est extrêmement complexe. Une situation qui est elle-même induite de la guerre en Libye qui a créé une situation de déstabilisation de notre pays…», a rappelé le ministre Maïga.

« Le Mali n’est pas impliqué par rapport à ce qui se passe, mais nous sommes concernés. Naturellement, nous comprenons les préoccupations de l’Europe, de l’Allemagne par rapport à ce qui se passe là-bas. Je crois qu’il ne faut pas faire trop d’amalgame à ce niveau. Nous souhaitons que chaque partenaire du Mali respecte les choix du Mali », a martelé le chef de la diplomatie malienne.

Et d’ajouter : « Le Mali fait ses choix en fonction de ses préoccupations également, comme l’Allemagne fait des choix en fonction de sa préoccupation ».

Par ailleurs, la question que bon nombre de nos concitoyens se posent, c’est comment l’Allemagne qui refuse d’appliquer les sanctions de l’EU sur le gaz russe vient exiger à un Etat souverain de mettre fin à sa coopération avec le même Etat russe?

Source : Le Tjikan par Solo Minta

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