Cinéma/La Fédération panafricaine des cinéastes fait le ménage et dénonce des détournements avérés


C'est le Secrétaire général de l'organisation, le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, qui a donné le ton à l'occasion de l'assemblée générale statutaire de la FEPACI tenue au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC).

Cheick Oumar Sissoko n'est pas allé par quatre chemins pour charger la Kenyane Jane Munene, Directrice exécutive du Secrétariat exécutif de la FEPACI et N'Diruti, Consultant de l'organisation. Suite à une mission menée en 2019 à Nairobi par une importante délégation de la FEPACI, la décision a été prise de demander un audit des fonds accordés par le président du Kenya à la FEPACI.

En effet, ayant perçu l'importance du cinéma dans le développement culturel de l'Afrique, le président Uhuru Kenyatta a décidé d'accorder sur quatre années, une subvention annuelle d'un million de dollars US afin de permettre à la FEPACI de réaliser son plan d'action pour la promotion et le développement du cinéma en Afrique.

Un accord de siège a été signé entre la FEPACI et le Gouvernement Kenya

Cet appui du gouvernement Kenya, plus particulièrement de son président, a été vivement salué par l'ensemble des cinéastes africains qui y voient le début d'un essor du 7ème art. Malheureusement, au cours de la mission de la délégation de la FEPACI à Nairobi, d'énormes irrégularités ont été relevées: corruption, détournement de fonds, conflits d'intérêts de la part de la Directrice exécutive du Secrétariat exécutif Mme Jane Munene et du Consultant NDiruti.

Afin d'évaluer l'ampleur des irrégularités et situer les responsabilités, la FEPACI a pris des mesures conservatoires en bloquant le compte à la Banque où sont logés les fonds et en exigeant un audit. Au constat, les cinéastes ont conclu que les fonds détournés allaient directement dans les poches des deux responsables mis en cause et à leurs organisations respectives CPT pour Jane Munene et ECOCAP pour NDiruti.

Cependant, malgré la demande pressante formulée auprès de l'institution bancaire et des autorités kényanes, l'audit n'a pas été fait et le compte reste bloqué. Les mis en cause ont manœuvré pour empêcher la délégation de la FEPACI de rencontrer leurs homologues cinéastes du Kenya pour leur expliquer la situation.

De guerre lasse, la FEPACI est revenue au Burkina où elle a bénéficié de l'appui sans faille des autorités. Malgré tout, elle dispose d'une représentation auprès de l'Union africaine à Addis-Abeba à travers la création de la Commission africaine de l'audiovisuel et du cinéma (CAAC). Mais, le Secrétaire général Cheick Oumar Sissoko prévient qu'il n'est pas question que l'actuelle Directrice exécutive du Secrétariat exécutif soit nommée présidente de cette commission à Addis-Abeba ! Les cinéastes promettent de saisir immédiatement le président Kenya à travers une lettre officielle.

Source/Le Reportage par Nouhoum KEÏTA

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