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Assa Badiallo Touré, une voix malienne au cœur des décisions sanitaires africaines

 

« Cette responsabilité dépasse ma personne, elle engage le Mali tout entier. » Par ces mots, le médecin Colonel Assa Badiallo Touré a pris la mesure de la fonction qui lui a été confiée : première vice-présidente du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. Élue à Lusaka par ses homologues des 47 pays du continent, la ministre malienne de la Santé et du Développement social devient ainsi l’une des rares personnalités du Sahel à occuper un poste aussi stratégique dans les instances de gouvernance sanitaire internationale.

 

Une percée diplomatique au-delà des frontières du Sahel

 

Cette élection ne relève pas seulement d’une reconnaissance personnelle. Elle intervient dans un contexte où les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) cherchent à s’affirmer sur la scène internationale malgré les turbulences politiques et les pressions extérieures. Pour beaucoup d’observateurs, voir une représentante malienne accéder à une telle fonction démontre que la voix du Sahel reste écoutée dans les enceintes mondiales, loin de l’image d’isolement souvent véhiculée.

 

Le fruit d’une politique sanitaire affirmée

 

Depuis plusieurs années, Bamako a multiplié les réformes pour renforcer son système de santé, notamment avec les États Généraux de la Santé tenus récemment. Développement des soins de santé primaires, amélioration de l’accès aux structures de proximité, programmes de vaccination : autant de chantiers qui ont contribué à donner au Mali une crédibilité nouvelle. Selon le professeur Samba Sow, spécialiste reconnu en santé publique, ce résultat est « la traduction du leadership malien dans le secteur et de l’engagement des autorités de transition à moderniser le système ».

 

Un symbole pour l’Afrique de l’Ouest

 

Pour ses homologues du Niger et du Burkina Faso, cette victoire va au-delà du Mali. Elle confirme une dynamique collective au sein de l’AES. Plusieurs figures de cette alliance siègent déjà dans des organes de gouvernance sanitaire internationale, comme le ministre burkinabè de la Santé, membre du conseil d’administration de Gavi. Cette visibilité accrue, disent-ils, prouve que le Sahel ne se contente plus de subir les crises, mais aspire à influencer les décisions globales.

 

Une mission lourde, mais partagée

 

À la tête du comité régional, le nouveau directeur de l’OMS-Afrique, Mohamed Yacub Zanabi, pourra désormais compter sur l’expérience d’Assa Badiallo Touré. La ministre malienne n’a pas manqué de saluer l’appui de ses pairs et de rappeler que les défis demeurent immenses : financement durable des systèmes de santé, lutte contre les pandémies émergentes, réduction des inégalités d’accès aux soins. « Ensemble, nous porterons la voix des Africains dans les débats mondiaux », a-t-elle promis.

 

Un tournant pour le Mali

 

Au-delà de la portée symbolique, l’élection d’Assa Badiallo Touré ouvre des perspectives pour le Mali. Elle conforte l’image d’un pays qui, malgré les difficultés sécuritaires et économiques, reste capable de contribuer à la gouvernance mondiale. Pour Bamako, c’est aussi un outil diplomatique : faire valoir ses priorités, tisser des alliances et démontrer que le Sahel ne doit pas être uniquement perçu à travers le prisme de la crise, mais aussi comme une force de propositions.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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