Affaire Mourah : Oumar Mariko dans la clandestinité


Les autorités maliennes ont convoqué l'opposant Oumar Mariko, a déclaré lundi un membre de sa famille et un responsable de la sécurité, après qu'il a critiqué la junte au pouvoir et suggéré que l'armée "assassinait des gens".

Le parti de gauche SADI de Mariko a également déclaré dimanche que des hommes lourdement armés s'étaient introduits au domicile de Mariko et avaient exigé que les proches présents révèlent l'emplacement de l'homme politique. Cette décision intervient après que M. Mariko a laissé entendre que l'armée « assassinait des gens » et a appelé la junte au pouvoir à assumer la responsabilité de la situation dans ce pays du Sahel déchiré par les conflits.

Selon une vidéo vue par l'AFP, Mariko a énuméré plusieurs massacres récents au Mali et les a qualifiés d'"inacceptables" - y compris les événements troubles qui se sont produits la semaine dernière à Moura, dans le centre du pays. L'armée malienne a déclaré vendredi avoir tué 203 militants à Moura. Toutefois, cette annonce faisait suite à des informations largement partagées sur les médias sociaux faisant état d'un massacre de civils dans la région.

Les États-Unis, l'Union européenne, les Nations unies et la France, ancienne puissance coloniale du Mali, ont tous exprimé leur inquiétude quant à l'éventuel massacre de civils à Moura. « Quelle prétention y a-t-il à soutenir cela ? » Mariko a déclaré dans la vidéo, en faisant référence aux tueries. « Quand un peuple n'est pas maître de son destin, une révolution est nécessaire », a-t-il ajouté.

Un membre de la famille de l'homme politique, ainsi qu'un responsable de la sécurité, ont tous deux déclaré à l'AFP lundi qu'il avait reçu une convocation pour se présenter à la gendarmerie du pays mardi matin. Dans son communiqué, SADI a déclaré que les hommes armés qui s'étaient présentés à son domicile dimanche l'avaient attendu "pour l'enlever". Elle a également dénoncé "les intimidations et les menaces du gouvernement" et a appelé "l'opinion nationale et internationale à témoigner des dérives autocratiques du régime de transition".

Nation appauvrie de 21 millions d'habitants, le Mali est gouverné par une junte qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État militaire en août 2020. La junte a promis de rétablir un régime civil après le putsch, mais elle est sous le coup de sanctions de la CEDEAO, le bloc d'Afrique de l'Ouest, pour avoir ignoré un engagement antérieur d'organiser des élections en février de cette année.

Des pans entiers du Mali échappent au contrôle du gouvernement, en raison d'un conflit djihadiste brutal apparu en 2012 et qui s'est depuis étendu au Burkina Faso et au Niger voisins.

Jusqu'à présent Oumar Mariko n'est pas allé répondre à la convocation de la gendarmerie. Pour certains,il est dans une clandestinité à Bamako, d'autres pensent qu'il a quitté le pays. Tout porte à croire que le président du parti SADI est introuvable par les services de sécurité.

Source : AFP

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