Affaire de l’arrestation des 49 militaires ivoiriens : Le torchon brule entre Bamako et Abidjan


Les Bamakois ont été surpris le dimanche soir par des nouvelles venant de l’aéroport international Modibo Kéïta de Senou, de l’arrestation des militaires ivoiriens, qui projetteraient un coup d’Etat contre le régime de la Transition, dirigé par le colonel Assimi Goïta. Ces rumeurs persistantes ont continué à alimenter les causeries de grin toute la journée du lundi, jusqu’au journal télévisé de 20 heures de la télévision nationale. Et, c’est le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation et porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, qui donne lecture du communiqué n° 34, confirmant dès lors, ce qu’on pouvait ranger dans les placards de l’histoire comme simples rumeurs. Depuis la réaction du gouvernement ivoirien était très attendu aussi bien au bord de la Lagune à Abidjan et dans le reste du pays, et au Mali pour être fixé sur la suite de l’événement. Comme dit l’adage populaire, mieux vaut tard que jamais.

Ainsi, 48 longues heures d’attente, le gouvernement ivoirien est sorti de son silence mortuaire pour donner de la voix. Il endosse non seulement la responsabilité de la présence des 49 militaires interpellés à Bamako, mais intime l’ordre aux Autorités du Mali de relaxer purement et simplement ces hommes et l’unique femme, qui se trouve parmi eux. C’était à la faveur d’une réunion extraordinaire du Conseil national de sécurité, tenu hier mardi dans la matinée au Palais de la Présidence de la République sous la présidence du président Allassanne Dramane Ouattara, en personne. A l’ordre du jour de cette réunion, l’arrestation des 49 militaires ivoiriens par Bamako. Dans le communiqué, qui a sanctionné cette rencontre de haut niveau, le gouvernement de Patrick Hachi, après avoir écouté le compte rendu du Chef d’Etat-major général des armées ivoirienne sur les circonstances de la présence des 49 militaires ivoiriens sur le sol malien et de leur arrestation par les autorités maliennes. Il apparaît dans le communiqué du gouvernement ivoirien, un écart profond entre l’exposé de cet officier général et la version malienne, contenue dans le communiqué n°34, rendu public, le lundi 11 juillet 2022. Pour la partie ivoirienne, ces militaires sont régulièrement inscrits dans l’effectif de l’armée ivoirienne et se trouvaient au Mali, dans le cadre des opérations des Éléments nationaux de soutien (NSE). La présence de ce détachement des NSE est conforme aux mécanismes de soutien aux contingents des pays contributeurs de troupes dans le cadre des Missions de Maintien de la Paix et est bien connue des Autorités maliennes. Le gouvernement ivoirien de rappeler qu’en vertu d’une convention signée, en juillet 2019, entre la Côte d’Ivoire et l’Organisation des Nations unies, et conformément à un contrat de sécurisation et de soutien logistique signé avec la Société Sahel Aviation Service (SAS), des militaires ivoiriens sont présents à l’Aéroport de Bamako. Depuis cette date, 7 contingents se sont relayés périodiquement sur ce site, sans aucune difficulté.

Des militaires sous la couverture des NU



Le communiqué d’ajouter qu’à leur arrivée au Mali, dans le cadre de la 8ème rotation, le dimanche 10 juillet 2022, une copie de mission du contingent a été transmise aux autorités aéroportuaires maliennes pour attester de la régularité de la mission. Le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale ainsi que le Chef d’Etat-major des Forces armées maliennes, en ont reçu copie. Selon le gouvernement de Patrick Hachi, aucun militaire ivoirien de ce contingent n’était en possession d’armes et de munition de guerre, leur descente d’avion. Les armes du contingent, comme autorisées par les Nations unies pour la protection personnelle et les cas d’auto-défense et selon les procédures en la matière, se trouveraient dans un second avion.

A la lumière de ces informations fournies, le gouvernement ivoirien au travers les décisions du Conseil national de sécurité, demande aux Autorités maliennes de libérer, sans délai, les militaires ivoiriens injustement arrêtés. En outre, le gouvernement ivoirien tient à rappeler l’attachement de la Côte d’Ivoire à la paix, à la stabilité et au respect de l’Etat de droit. Dès lors, il ne peut s’inscrire dans une logique de déstabilisation d’un pays tiers. Pour terminer, Allassanne Dramane Ouattara et son gouvernement, qui étaient sur la sellette de la classe politique et des influenceurs ivoiriens, tentent de sauver la face en appelant la population ivoirienne au calme et à la retenue et assure que toutes les dispositions sont prises pour obtenir la libération rapide de ses soldats, pour lesquels les Autorités maliennes promettent une judiciarisation de l’affaire. Ce qui évidemment peut couper le sommeil au président Allassanne Dramane Ouattara, qui ne serait à son coup d’essai, s’il se trouve qu’il y ait une dose de vérité dans cette affaire. Car, dans la tentative de putsch manqué au Burkina Faso, en 2016, contre les Autorités de la transition de ce pays, le nom de ADO a été cité dans les soutiens à Gilbert Djédjéré.

Dans cette affaire également, les Autorités maliennes sont formelles sur le dessein non avoué de ces hommes. Cela se justifie par les mobiles et le mode opératoire de ces militaires. Pour le gouvernement malien le projet de déstabilisation était très apparent. En témoigne le mode de déploiement des militaires appréhendés. Selon le communiqué n°34, le gouvernement malien n’a pas été informé de l’arrivée des deux aéronefs immatriculés ZS-BBI et UR-CTH, qui ont débarqué le dimanche 10 juillet 2022, entre 11 heures et 13 heures, ces quarante-neuf (49) militaires ivoiriens, en provenance de la République de Côte d’Ivoire, avec leurs armements et munitions de guerre, ainsi que d’autres équipements militaires. Il doit son salut qu’au professionnalisme de nos Forces de Défense et de Sécurité, qui ont établi la présence illégale des quarante-neuf (49) militaires ivoiriens sur notre territoire national.

Dès le constat établit, ces militaires en infraction ont été immédiatement interpellés. Les armes, les munitions et tous les équipements militaires qu’ils portaient ont été saisies, a expliqué le ministre porte-parole du gouvernement, Abdoulaye Maïga, à la Télévision nationale, dans le journal de 20 heures du lundi, 11 juillet 2022. Selon lui, les premiers constats effectués ont établi que : ces militaires dont une trentaine appartenant aux forces spéciales, étaient en possession d’armes et de munitions de guerre, sans ordre de mission ni autorisation ; la profession réelle des militaires était pour la plupart dissimulée. Sur la majorité des passeports des militaires interpellés, les professions inscrites étaient les suivantes : étudiants, chauffeurs, maçons, mécani