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« 72 heures pour apaiser Bamako » : le couvre-feu généralisé entre en vigueur dès ce soir

  • 26 avr.
  • 2 min de lecture

 

À partir de 21 heures ce soir, et pour les trois prochains jours, plus personne ne pourra circuler librement dans le district de Bamako. La mesure, signée le 25 avril 2026 par le gouverneur Adoptative Collibaly, interdit tout déplacement entre 21h et 6h du matin. Et si la situation l’exige, cette interdiction pourrait être prolongée.

 

En clair : la capitale malienne se met sous cloche nocturne pour 72 heures, reconductibles.

 

Derrière les termes administratifs, c’est une décision d’urgence. Le gouverneur s’appuie sur « les nécessités d’ordre public », une formule qui, dans le langage officiel, signale que les autorités jugent la situation suffisamment tendue pour suspendre provisoirement la liberté de circuler la nuit. Une lettre confidentielle du ministère de l’Administration territoriale, datée du 25 avril, a également précédé cette annonce, sans que son contenu soit rendu public.

 

Qui doit appliquer la mesure ? Pas seulement la police ou la gendarmerie. Le texte met directement en première ligne les sous-préfets d’arrondissement, les maires (ou ceux qui les remplacent pour gérer les affaires courantes), ainsi que les chefs régionaux de la sécurité. Chacun dans son périmètre devra veiller à ce que les rues restent désertes une fois la nuit tombée.

 

Ce couvre-feu n’est pas une première à Bamako, mais son caractère reconductible change la donne : personne ne peut dire aujourd’hui si trois jours suffiront. La décision sera officiellement exécutoire dès sa signature, sans délai supplémentaire. Pour les habitants, les commerçants et les conducteurs de taxi ou de transports, l’adaptation sera immédiate.

 

Si l’on replace cette annonce dans le calendrier, elle intervient sept mois après la nomination des gouverneurs de région en décembre 2021, et trois ans après la révision de la Charte de la transition. Mais au-delà des textes de loi (Code des collectivités territoriales, statut particulier du district, loi sur les réquisitions), c’est surtout un signal fort : les autorités choisissent la contrainte horaire pour prévenir un risque qu’elles n’ont pas voulu détailler.

 

Qu’est-ce qui pourrait se passer après ces 72 heures ? Soit le calme revient, et la vie nocturne reprend. Soit la décision est prolongée, et Bamako devra s’attendre à un régime d’exception qui dure. En attendant, dès ce soir 21h, les rues parleront d’elles-mêmes : vides ou agitées, la réponse dira si le couvre-feu était une précaution… ou une nécessité.

 

La Rédaction

Malikunafoni

 

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