top of page

À Doha, l’Iran accuse l’Occident d’entretenir une « loi du plus fort » au Moyen-Orient

  • 2 mars
  • 2 min de lecture

« La Palestine n’est pas un dossier parmi d’autres. » C’est par cette affirmation que le chef de la diplomatie iranienne a donné le ton, à Doha, lors du 17e Forum organisé par Al Jazeera.

 

Invité à s’exprimer sur les crises régionales, Abbas Araghchi a livré un réquisitoire politique contre Israël et ses soutiens occidentaux, estimant que la guerre à Gaza dépasse le cadre d’un conflit local pour devenir, selon lui, un test mondial sur la crédibilité du droit international.

 

Gaza, symptôme d’un déséquilibre global

 

Pour Téhéran, la tragédie palestinienne ne relève plus uniquement d’un débat sur l’occupation ou la sécurité. Le ministre iranien a décrit la situation à Gaza comme une destruction massive de civils, dénonçant une impunité qui, selon lui, fragilise les règles internationales censées protéger les populations.

 

Au cœur de son argumentaire : l’idée qu’un État bénéficiant d’un soutien politique solide peut agir sans craindre de sanctions majeures. Cette dynamique, a-t-il soutenu, ouvrirait la voie à une normalisation de la force au détriment du droit.

 

Dans cette lecture, la crise actuelle serait le révélateur d’un basculement plus large : celui d’un ordre mondial où les principes juridiques s’effacent progressivement face aux rapports de puissance.

 

Une inquiétude régionale assumée

 

Le discours iranien ne s’est pas limité à la dimension humanitaire. Abbas Araghchi a mis en garde contre ce qu’il considère comme une stratégie d’expansion israélienne susceptible, selon lui, de redessiner les équilibres du Moyen-Orient.

 

Il a évoqué le risque d’annexion en Cisjordanie et dénoncé des actions militaires au-delà des frontières palestiniennes. Dans sa grille d’analyse, la sécurité d’Israël serait pensée, non comme un élément d’équilibre régional, mais comme un levier de supériorité durable.

 

Derrière cette critique se profile un message plus large : l’Iran estime que certains pays de la région seraient maintenus dans une position de vulnérabilité stratégique pendant qu’Israël conserverait un avantage militaire et technologique incontesté.

 

Appel à une riposte coordonnée

 

Au-delà du constat, Téhéran a formulé des propositions concrètes. Le ministre a appelé à un embargo sur les armes, à des sanctions ciblées et à une suspension des coopérations militaires avec Israël. Il a également insisté sur la nécessité d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale.

 

Autre axe fort : la mobilisation des organisations régionales. L’Organisation de la coopération islamique et la Ligue arabe ont été invitées à dépasser les déclarations symboliques pour engager, selon lui, des actions diplomatiques et juridiques coordonnées.

 

Une ligne diplomatique assumée

 

Ce discours s’inscrit dans une séquence géopolitique tendue où Washington et Tel-Aviv accusent régulièrement l’Iran de déstabilisation régionale, tandis que Téhéran se présente comme défenseur de la cause palestinienne et du respect du droit international.

 

À Doha, Abbas Araghchi a cherché à repositionner le débat : pour lui, la question palestinienne ne relève pas seulement d’un conflit territorial, mais d’un choix de civilisation entre « domination » et « justice internationale ».

 

Reste à savoir si cet appel trouvera un écho concret sur la scène diplomatique. Car au-delà des discours, c’est l’évolution du rapport de forces régional – et la capacité des acteurs internationaux à imposer ou non des mécanismes de responsabilité – qui déterminera la suite.

 

La Rédaction

Malikunafoni

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note*
bottom of page